Sécurité et politique gouvernementale : une lettre de Bruno Chavanat à Brice Hortefeux
Bruno CHAVANAT a récemment interpellé le Ministre de l’Intérieur sur les inquiétudes de nombre de nos concitoyens suite aux annonces gouvernementales faites cet été après les graves incidents intervenus à Grenoble.
Monsieur le Ministre, cher Brice Hortefeux,
Les évènements d’une rare violence qui se sont produits dans le cours de l’été tant à Saint-Aignan qu’à Grenoble ont conduit le Président de la République, vous-même et le Gouvernement à une condamnation extrêmement ferme de ces actes et à faire part de la plus grande détermination à poursuivre leurs auteurs.
Qui, en conscience, peut blâmer de cette détermination ? Face à l’insécurité -qui ne présente, heureusement, pas tous les jours ce visage- si les pouvoirs publics ne sont pas les plus résolus, qui le sera ? Et à qui pourront se fier les citoyens –en particulier les plus vulnérables- qui attendent en premier lieu de l’Etat mais aussi de leur maire qu’ils soient les garants de leur sécurité, c’est-à-dire de la première de leurs libertés ?
Elu local depuis plusieurs années, j’ai constaté l’amertume et parfois la détresse que l’ignorance de problèmes élémentaires de sécurité par les responsables municipaux pouvaient engendrer chez ceux de nos concitoyens qui ont le moins de défenses. C’est pourquoi, sereinement mais résolument, malgré les critiques, le groupe que je préside au conseil municipal a inlassablement plaidé pour que les besoins de sécurité soient davantage pris au sérieux. C’est pourquoi aussi nous avons salué l’effort que le Gouvernement, cohérent avec son discours, a réalisé à Rennes, depuis un an, avec la création des unités territoriales de quartier.
Cependant, le débat sur la sécurité a pris un tour nouveau.
En effet, quelque soit le caractère circonscrit et pesé des formules employées, notamment sur les gens du voyage ou sur les personnes d’origine étrangère, force est de constater qu’elles ont semé le trouble.
J’en ai reçu le témoignage de la part de ceux qui n’étaient pas visés, de la part de communautés de français d’origine étrangère qui nous sont proches et qui ont fondé beaucoup d’espoirs dans les gestes de reconnaissance à leur égard que Nicolas Sarkozy a faits au début de son quinquennat, de la part, enfin, de ceux d’entre nous, nombreux, dont l’engagement politique a pris naissance et s’est forgé à travers des engagements solidaires avec ceux qui sont à la marge de notre société.
Ceux là, dont je partage les valeurs et qui se sont reconnus dans l’élan donné en 2007 pour une France qui sache être ferme contre l’injustice et l’insécurité mais généreuse et fraternelle, ont besoin d’un discours qui les confortent sur la ligne que le Gouvernement entend suivre.
En vous faisant part de leur réaction, je vous demande moi aussi de les entendre. Vous savez comme moi le poids des mots et les risques d’un amalgame entre le débat légitime sur la sécurité et celui qui engloberait, d’un bloc, certains de nos concitoyens à cause de leurs origines ou de leur mode de vie.
Pour que les mots n’aillent pas tous dans le même sens mais traduisent aussi l’image de la France fraternelle à laquelle nous croyons, je compte sur vous.
Cordialement
Bruno Chavanat.















27 août 2010 à 11:33
Cher BRUNO,
Personne ne peut contester la nature de ta démarche réactive auprès du Ministre de l’Intérieur, aujourd’hui M. Brice HORTEFEUX.
Tu as également l’avantage de le connaître !
Il faut préciser que c’est dans le cadre de ton mandat de leader du principal Groupe d’opposition municipale de RENNES que cette lettre a été rédigée puis communiquée à la presse.
Tes propos cadrent exactement la démarche actuelle du gouvernement : elle est inscrite dans la loi, proposée par Nicolas SARKOZY lorsqu’il remplissait cette même fonction ministérielle.
Le RENVOI des ETRANGERS dans leur pays – même si’ls en sont d’accord et reçoivent à ce titre une prime équivalant très souvent en pouvoir d’achat à 1 an de salaire – REVEILLE les CONSCIENCES des jeunes et moins jeunes.
Les MEDIAS et les LEADERS politiques habituels n’ont pas manqué de souligner la brutalité, la soudaineté de l’application de la loi. Beaucoup d’émotion …apte à capter les lecteurs de journaux, justement en panne de lectorat ! On ne peut pas manger du Woerth tous les jours !
Pourtant, cette LOI EST APPLICABLE DEPUIS PLUSIEURS ANNEES…
L’émotion maifestée par certaines institutions internationales est risible…mais bien intentionnée : elle vise à laminer l’ action présidentielle et gouvernementale.
Souvenez-vous de la réaction de DE GAULLE : « l’ ONU, l’ONU… » ou » l’EUROPE, l’EUROPE »
Ces braves fonctionnaires appointés à 100000 € de rémunération annuelle font du caritatif.
Bizarre…alors qu’ ils devraient rappeler les obligations contenus dans les traités aux pays concernés : en l’occurence, la Roumanie et la Bulgarie.
Où sont les prémices d’un projet technique de concertation européenne sur le sujet délicat des ROMS qui remonte à la période précédant la dernière guerre mondiale ???
Au lieu de participer lamentablement au concert des petites mains et des petits violons ! AGISSONS à résoudre les problèmes humains des ROMS qui dépassent du reste les possibilités de la FRANCE.
SOYONS CLAIRS.
A force de dire : » OUI, mais … » Inconsciemment, nous troublons le débat. Il est bien français de vouloir l’inverse et son contraire…tout en espérant le meilleur si l’on ne fait rien.
Là où la loi aurait due être appliquée depuis 2005, n’étouffons pas le rôle de l’Etat en lui demandant de mettre de la pommade NIVEA.
Je comprends les réactions diverses ; elle font partie du débat démocratique et de l’expression personnelle et citoyenne.
Tout le monde a un coeur (même BRICE HORTEFEUX) et est sensible à l’inégalité et au désordre social en Europe.
Mais, la FRANCE doit- elle être sans cesse JOUER AU ST MARTIN au bénéfice des minorités des pays européens les plus pauvres. Et quand la Turquie et ses peuples dits minoritaires vont arriver ?
Sur le FOND, rien à dire : c’est la loi et cette fois elle est bien appliquée.
Sur la FORME, ne sous-estimons pas le brouillage médiatique, politicard et volontariste. IL FAUT LE DECRYPTER lorsque l’on a la prétention de gèrer la « res publica » .
Agissons dons avec intelligence stratégique sur la vie poilique française.
Avec la même ardeur et le même engagement, les citoyens attendent des parlementaires qu’ils prennent les décisions françaises pour résoudre ce problème des ROM
- en mettant à disposition les équipements prévus par la loi (communes de + 5000 Habitants) et,
- en arrêtant de monter les francais les uns contre les autres. Il s’agit d’une oeuvre destructrice de démocratie…
- en élaborant des solutions nouvelles à un problème ancien.
Sinon, cette manoeuvre évidente des anti-sarkozistes va tout naturellement grossir le rang des abstentionniste aux futures élections. Le PREMIER PARTI de FRANCE ne va encore être écouté dans la cacophonie des futures élections dont le signal de départ est donné aujourd’hui dans la sympathique ville de LA ROCHELLE.
Somme toute, en conclusion,
SOYONS SERIEUX…
La gestion de la vie publique doit être impulsée par des HOMMES et FEMMES -de droite et de gauche qui respectent l’ETHIQUE de leur fonction et les ENGAGEMENTS solidaires pour lesquels ils ont été élus.
Les Français s’y retrouveront mieux. La Démocratie aussi !
Bon courage, Bruno,
dans ton rôle de responsable de la minorité « agissante » municipale de RENNES et de RENNES METROPOLE
et continues bien sûr à cultiver les « jeunes talents » de la RES PUBLICA de demain ! C’est plus long que la Course du RHUM.
Bernard BERGOT.
+33 (0)6 64 30 05 44
31 août 2010 à 21:21
Continuons cette saine conversation…
VOILA enfin une position sage et très légaliste.
En France, il serait temps de respecter les fondamentaux de notre vie en société organisés par la loi et les usages.
IL SERAIT BIEN que le groupe et l’association « RENNES CAPITALE » présidée par MM. CHAVANAT et CRESSARD ORGANISENT UN DEBAT public SUR CE THEME.
- LA DEFENSE DE L’OPPRIME COMMENCE PAR L’APPLICATION DES LOIS ET REGLEMENT DE LA REPUBLIQUE.
EN FRANCE, ELLES SONT GENEREUSES ET ATTENTIVES AUX CAS SOCIAUX et des EXTRADES POLITIQUES du monde entier.
- SAUF A FAIRE GRANDIR LA GROGNE DES HABITUELS CONTRIBUABLES (les « cadres moyens » ou contribuables « nichés »), ARRETONS LES POSTURES et GERONS LA GENEROSITE DE LA FRANCE.
- L’action auprès des communautés minoritaires accueillies – en droit – dans nos communes de plus de 5000 habitants ne sera que mieux reconnus dans la durée par les intéressés eux-mêmes puisqu ‘ils sont précisément français et citoyens en pleine légalité.
- La France fraternelle réserve à juste titre le même accueil à un allemand, un polonais ou un Rom …
- Comme le souligne M. BERGOT dans son courageux commentaire, il faut donc éviter la manipulation caritativo-médiatique dont la presse locale est friande pour le papier de nos forêts.
A quand le GRAND DEBAT sur TV RENNES (qui n’est pas une télévision d’Etat…) sur le THEME :
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AVEC LES EXCLUSIONS PLUS VISIBLES EN TEMPS DE CRISE ECONOMIQUE,
Où VA DONC NOTRE SOCIETE FRANCAISE.
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- Le silence de certains édiles sur le sujet les rendra-t-il plus apte à affronter le sujet devant leurs électeurs de 2011 ou de 2012 ?
- France : Avec ou sans ROM dans l’illégalité ?
- La Roumanie et la Bulgarie peuvent-elles respecter les accords internationaux ?
- Que fait l’Europe pour protéger les minorités ? (droit-budget alloués)
- L’urgence déclarée de certaines Institutions ne justifierait pas d’arrêter les discours-posture et de d’AGIR POSITIVEMENT ???
Votre dévouée internaute et toute nouvelle lectrice du site de RENNES Capitale.
Sentiments les meilleurs.
Et bon courage à tous les Elus.
Brigitte.
2 septembre 2010 à 11:22
Le remise en question du droit du sol, à travers le traitement de la question des Roms, peut apparaître comme un retour en arrière ; c’est peut être instaurer une sorte de « double peine » pour ces ressortissants d’origine étrangère, alors que N. SARKOZY, Ministre de l’Intérieur en 2003, avait pourtant supprimé cette possibilité. La pire des réponses face aux constats d’échec des différentes politiques d’intégration, qui se sont succédées, en vain, en France, depuis environ 30 ans, serait, à mon sens, de stigmatiser une communauté. Il faut être modeste sur la politique d’intégration, avancer avec le respect et le soucis de l’autre. C’est ainsi que la France, fière de ses devises Egalité Liberté Fraternité, s’est toujours construite.
D’un autre côté, la France ne peut agir seule, dans le domaine ; une certaine responsabilité pèse sur les instances européeennes, qui doivent, avec la Roumanie et la Bulgarie, états intégrés dans l’UE, réserver un meilleur traitement aux minorités.
8 septembre 2010 à 16:54
Si l’on parle des ROMS, il est question de concitoyens Européens qui disposent exactement des mêmes droits que nous dans l’U.E., – y compris d’aller là où bon leur semble en tant que touristes ou pour s’y établir – mais aussi de citoyens Roumains pour lesquels le gouvernement de la Roumanie a reçu une importante aide européenne.
Si ces désespérés viennent jusque ici, c’est soit qu’ils y sont incités – pourquoi, comment et par qui ? – soit qu’ils n’auraient pas d’autres possibilités. Il peut évidemment s’agir d’une tentative de détournement, cette fois collective, de la générosité reconnue de notre système social.
L’enjeu relève normalement du contrôle que la Commission fait des fonds qu’elle donne, du gouvernement Roumain et des Affaires sociales française.
Si misérables, les ROMS ne pouvaient porter atteinte à la sécurité de l’Etat. Il m’a semblé parfaitement inadéquat que, sauf erreur, cette affaire soit presque exclusivement traitée par le Ministre en charge de la Sécurité intérieure.
Reste qu’après avoir rappelé le gouvernament Roumain à ses obligatoins envers ses propres citoyens, il n’y avait pas d’autre solution que de reconduire ces familles chez elles.
A. V.