Crise économique: « plutôt prévenir que guérir »

Réflexion, Sur le vif 16 novembre 2008

Un point en vidéo, sur la crise financière et économique. Son impact sur Rennes, les risques qu’elle comporte, les réponses que les acteurs publics peuvent lui apporter…

Comment Rennes est elle concernée par la crise économique ? La crise financière a des répercussions sur l’économie réelle. La contraction du crédit, la baisse du pouvoir d’achat et la crise de confiance amplifient les mutations en cours dans le domaine de l’automobile. Rennes, qui concentre 20 000 emplois apparentés au secteur (constructeurs et équipementiers) est donc directement touchée.

Quelles initiatives de la part des acteurs publics ? Les acteurs publics ont la responsabilité de prendre conscience de l’ampleur de la situation et de « créer un événement, avec les industriels, les organisations représentatives du personnel, les organismes de reconversion… » autour du phénomène et de se fixer un plan de veille et d’actions avec des objectifs précis.

 

 

Passer des diagnostics aux pronostics. Il y a un an, le Codespar avait produit une étude sur le devenir de l’industrie automobile. Tous les scénarios envisagés prévoyaient à terme une contraction de l’emploi dans le secteur. Le document n’a pas donné lieu jusqu’à présent à un débat approfondi.. Nous ne sommes pas dans une situation de péril immédiat mais si nous voulons « garder la main » et ne pas subir les événements, il nous faut anticiper les voies et moyens des évolutions auxquelles on peut s’attendre. Nous y sommes d’autant plus invités que le secteur automobile est le « principal contributeur fiscal au niveau de la métropole« . Il nous faut intégrer dans notre réflexion prospective la possibilité d’une raréfaction possible des ressources de la TP et « mesurer son impact sur le financement des projets en cours ou annoncés« .

Quels axes de réflexion ? Nous avons un pôle automobile « haut de gamme » qui paraît « hors du champ des problèmes à résoudre ». Le Grenelle de l’environnement, les comportements des consommateurs, la production du site Rennais, posent des hypothèques sur le développement du haut de gamme. Il s’agit ici d’accompagner les réflexions autour de la réorientation des productions vers ses créneaux plus porteurs (petits modèles, voiture propre…).

Comment imaginer les « emplois de demain » ? Il faut « mettre en regard » les compétences, les savoir-faire et les métiers du bassin Rennais avec les capacités de formation que nous avons. Il faut être à la fois ambitieux et réalistes. Les atouts de Rennes y invitent, en permettant le développement de nouveaux relais de croissance autour par exemple des métiers de la santé ou des éco-industries…


Crise financière et crise économique: quels enjeux pour les acteurs publics à Rennes?

Question orale de Bruno CHAVANAT

Conseil municipal, 12/11/08

Crise financière et crise économique: quels enjeux pour les acteurs publics à Rennes?

Monsieur Le Maire,

La crise de l’automobile n’est pas nouvelle.

De nombreux signes avant-coureurs sont perceptibles à Rennes. Son ampleur possible a été décrite de manière anticipatrice par une étude réalisée par l’AUDIAR sous l’égide du CODESPAR il y a un an. Les difficultés de Gomma sont connues de tous.

Ce qui est nouveau, c’est non seulement la conjonction de la crise économique et de la crise financière mais également le ralentissement dès le second et le troisième trimestre 2008 de l’achat de véhicules automobiles qui ont conduit tous les constructeurs européens à cesser la production pendant une à plusieurs semaines durant le quatrième trimestre 2008.

Cette crise pose trois questions à notre assemblée et à celle de Rennes métropole.

  • Comment, dans les circonstances exceptionnelles que nous vivons et qui peuvent malheureusement durer, passons nous d’une prise de conscience partagée à une action partagée en mobilisant davantage l’ensemble des acteurs (collectivités mais aussi entreprises, partenaires sociaux, organes de recherche et de formation) pour anticiper les conséquences économiques et sociales d’une possible évolution de notre tissu industriel ? 

Quelle gouvernance partagée comptez vous mettre en place pour éviter les drames sociaux mais aussi développer l’emploi en partant des compétences acquises ? Lire la suite »


La filière automobile, moteur de croissance?

Réflexion, Sur le vif 3 novembre 2008

Comme Renault il y a quelques semaines,  PSA vient d’annoncer l’arrêt programmé de sa production pendant 30 jours au mois de décembre. (cf l’édition du 19-20 de France 3 Bretagne du vendredi 31/10, et l’article paru dans Ouest-France daté de ce samedi 01/11). Un événement comme celui-ci inspire plusieurs séries de réflexions.

1) Les conséquences immédiates : son impact est certes minimisé par le fait qu’il couvre en partie la période des vacances de Noël, qui coïncide traditionnellement avec l’interruption de la production du site pendant 15 jours. Aux termes d’un accord d’entreprise, les salariés quant à eux toucheront l’intégralité de leur salaire. Il n’empêche. Une décision comme celle-ci, par la réalité qui la justifie (une chute attendue des immatriculations en Europe pour le 4è Trimestre), est une « onde » qu’il faut suivre de très près. Si le site de la Janais emploie 8000 personnes, la filière automobile dans son ensemble touche elle, directement et indirectement 25 000 personnes dans le département. Le reportage de France 3 est d’ailleurs très éclairant sur l’exposition des équipementiers aux fragilités rencontrées par le secteur.

2) Une fragilité aujourd’hui structurelle. La réaction de la CGT est à cet égard assez étonnante (Cf Ouest-France : « la crise est un prétexte pour dégraisser »). En expliquant que les immatriculations ont augmenté en septembre en France, elle s’arrête au milieu du gué. Les chiffres indiquent certes que le marché français a plutôt progressé en septembre. Mais c’est 75% de la production du site de la Janais qui est exportée en Europe, tandis que le marché européen s’effondre lui, pour le même mois, de 10%Lire la suite »


L’édito politique de la semaine

Réflexion, Sur le vif 3 novembre 2008

Lundi 3 novembre 2008, Bruno Chavanat, Président du Groupe « Union pour Rennes Capitale » commente l’actualité Rennaise:

- L’interruption de la production sur le site de la Janais au mois de décembre: au-delà de la conjoncture, l’industrie automobile est à un tournant stratégique que les partenaires publics doivent accompagner. « Se réunir autour d’une table, avec les acteurs concernés pour établir un diagnostic et réfléchir aux évolutions du secteur et à la mise en valeur des compétences développées dans le pôle « automobile haut de gamme ». Le Maire, le Président de Rennes Métropole a une initiative à prendre dans ce domaine« .


- Début du festival Yaouank. Quid de la culture bretonne à Rennes? Yaouank participe de ces initiatives qui contribuent à conforter l’identité culturelle de la ville et joue un rôle important dans la mise en avant de l’identité bretonne.  Cependant, Rennes est « Capitale de la Bretagne »: on peut ainsi regretter que les très grands événements autour de la culture bretonne se passent aujourd’hui à Paris ou à Lorient. Il existedonc des ambitions à affirmer, de nouvelles voies à tracer pour imaginer à Rennes une manifestation populaire, fédératrice, « dans laquelle tous les rennais d’ici et d’ailleurs se retrouveraient sûrement« .

- L’aménagement du site gare à Horizon 2020, un bon tempo? L’aménagement du site gare est déterminant pour les 6 ans à venir. C’est un enjeu pour accompagner les échanges et les transports que l’on s’apprête à accueilir, c’est également un enjeu d’urbanisme, pour mieux relier la ville du nord et du sud. C’est enfin et surtout, alors que la LGV reliera Rennes à Paris en 1h27 en 2014 un outil de rayonnement. Les projets réalisés à Lille ou au Mans lorsque ces villes ont accueilli le TGV, montrent que l’aménagement d’un Centre d’Affaires et de Congrès est déterminant pour la capacité d’attractivité et de rayonnement d’une ville. C’est donc pour 2014 que l’on doit prévoir un projet pour le site (et non 2020) sous peine de devoir se contenter de « voir passer les trains« .