Nouvelle carte de l’intercommunalité : un accord sur un désaccord

Intervention de Bruno CHAVANAT

Conseil Municipal du 4 juillet 2011

 

La carte de l’intercommunalité soumise au débat suscite au moins un point d’accord. Mais c’est un point d’accord contre ce qui nous est présenté. Il y a accord sur un désaccord.

Désaccord sur une carte incohérente à l’échelle du département.

Désaccord sur une carte sans cohérence du point de vue de Rennes Métropole.

Nous sommes pour notre part en désaccord sur la proposition qui nous est faite. Nous voterons donc contre. Mais ce vote contre ce n’est pas un point d’aboutissement. Au contraire.

Si le débat de ce soir s’arrête à l’expression de notre désaccord collectif vis-à-vis d’une proposition contradictoire, bancale,  inaboutie, il n’aura pas servi à grand-chose. Car nous avons collectivement le devoir d’avancer.

De ce point de vue, la seule question qui compte vraiment c’est de savoir si nous sommes capables de proposer une vision cohérente de Rennes Métropole.

Si nous avons une vision claire de notre projet, alors le périmètre s’en déduira naturellement.

Si nous savons exprimer l’identité de Rennes et de Rennes Métropole, affirmer son projet urbain, dire quelle relation nous souhaitons établir entre le pouvoir local et les citoyens, rendre lisible la coopération que nous voulons établir avec les territoires voisins, alors, oui, les choses seront beaucoup plus simples.

-          Ceux qui se reconnaissent dans l’identité, dans le projet, dans la manière de gouverner viendront naturellement.

-          Ceux qui ne se reconnaissent pas dans l’identité, dans le projet, dans le type de relations entre les citoyens et le pouvoir, dans la manière de gouverner ne viendront pas.

Et on peut parier que le Préfet n’aura plus besoin de passer des nuits blanches, tout affairé qu’il est avec ses grands ciseaux à redécouper sans fin la carte du département, écartelé entre les pressions des uns et les attentes des autres.

Et si le Préfet arrive à cette proposition légèrement difforme, cette cote mal taillée, c’est qu’il est pris entre deux feux.

-          d’un côté, il voudrait bien vous faire plaisir ;

-          mais d’un autre côté il est obligé de constater que votre vision expansionniste de l’agglomération n’attire pas, suscite le rejet et finalement ne marche pas. Les communautés de communes voisines n’en veulent pas.

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Jardins familiaux et Prairies Saint-Martin : jardiniers et riverains paient le prix d’une gestion chaotique du projet par la municipalité

Coup de gueule, Sur le vif 10 juin 2011

La fermeture annoncée des jardins familiaux illustre une fois de plus la gestion chaotique par la municipalité de la transformation des Prairies Saint-Martin. Ce projet est à l’ordre du jour depuis 1994. En 2005, une décision du conseil municipal fixait les grandes lignes d’aménagement et promettait d’associer les habitants, les jardiniers, les riverains. Force est de constater que ces bonnes intentions ont fait long feu.

La municipalité semble ne poursuivre qu’un seul but : acquérir la maîtrise foncière du site au détriment de quelques propriétaires. Mais pour en faire quoi ? Depuis 6 ans, la réponse à cette question n’a pas progressé d’un iota.

Pendant tout ce temps, la gestion des prairies, dont la ville a progressivement acquis 80% de la surface, est ballottée entre décisions contradictoires, gabegie et manque de concertation. 

-          Quelle cohérence à engager des dizaines de milliers d’euros pour la rénovation des jardins familiaux, alors qu’une étude semble démontrer la pollution du site ?

-          Face à cette pollution dont les conséquences seraient apparemment si lourdes qu’elles conduisent à fermer les jardins, comment admettre que l’on ne cherche pas davantage à identifier les responsabilités, notamment celles des industriels qui ont pourtant l’obligation légale de dépolluer ?

-          Comment expliquer aux jardiniers qu’ils doivent cesser leur activité à cause des risques de crue alors qu’à quelques dizaines de mètres de là, la ville urbanise la ZAC Armorique, elle-même en partie en zone inondable ?

-          Enfin, est-il normal, dans ce contexte, de prolonger pour cinq ans la déclaration d’utilité publique du projet, comme vient de le faire le conseil municipal, sans le soumettre à nouveau à enquête publique, c’est-à-dire sans recueillir l’avis des habitants, des jardiniers et des riverains ?

Car au total, ce sont pourtant eux, qui vont devoir subir les conséquences de décisions auxquelles ils n’auront pas été associés.

 

Bruno CHAVANAT

Président du groupe Union pour Rennes Capitale


La Ville de Rennes est-elle « du côté des mamans » ?

Coup de gueule, Sur le vif 25 mai 2011

Depuis le 14 avril 2011, les parents des élèves scolarisés dans la plupart des écoles maternelles et primaires de Rennes doivent jongler entre leurs horaires de travail et ceux des repas de midi de leurs enfants.

Depuis cette date en effet, la grève des agents assurant le transport des repas relaie celle des personnels qui accueillent les enfants sur les temps périscolaires, sans qu’on sache vraiment qui veut quoi et ce qui sera décidé pour le lendemain : un jour il y a cantine, MAIS pas d’accueil au CALM ; le lendemain, il n’y a pas de cantine, MAIS CALM…on y perd son latin et son flegme. Beaucoup de mamans sont très logiquement stressées par cette situation.

J’écris volontairement « beaucoup de mamans », car ce sont encore (et on le constate à 11 h 30, quand il faut venir coûte que coûte récupérer ses enfants…) à 90 % les mamans qui se plient à la dictature du ventre creux, organisée par la Ville de Rennes, de mèche avec les syndicats…

Peut-on croire que depuis un mois la Ville de RENNES n’ait pas été en mesure de mettre en place un service de substitution pour le portage des repas, quand elle est capable de payer des vacataires pour venir, à 8 h 30 , aux portes des écoles, distribuer un tract de M. CHARDONNET sensé nous expliquer les raisons de cette grève perlée?

Qui paye au prix fort de leur investissement social et salarial, cet odieux bras de fer, si ce ne sont encore et toujours les mères ?

Je n’oublie pas au passage de souligner que ce chantage s’exerce aussi sur les ASEM, dont les  fonctions sont exercées en grande majorité par un peuple docile de femmes précarisées et sous-salariées…

 

Nathalie QUENTREC


Elections cantonales : près de 64% d’abstention à Rennes.

Réflexion, Sur le vif 16 avril 2011

63, 73% : c’est le chiffre exact de l’abstention au 1er tour des élections cantonales du mois de mars. Traduction : près de deux Rennais sur trois ont estimé qu’ils n’étaient pas concernés ou que le déplacement au bureau de vote ne valait pas la peine.

La désaffection est telle qu’elle résulte nécessairement de plusieurs causes. Mais elle a en tout cas un effet certain. Les conseillers généraux nouvellement désignés à Rennes totalisent 10 000 voix de moins que leurs prédécesseurs élus en 2004. Aucun d’entre eux ne bénéficie de  la confiance de plus d’un électeur sur quatre. Comment leur représentativité, leur capacité d’agir et même la légitimité de l’institution qu’ils incarnent n’en souffriraient elles pas ?

Dans ce contexte, les lamentations d’usage des soirs d’élection ne sont pas d’un grand secours.

Ce qui compte désormais, ce sont les moyens concrets que l’on peut mettre en œuvre pour redonner du souffle à une démocratie qui en manque.

« Trois types de réponses sont à portée de main. Il ne faut en négliger aucune. »

La réponse la plus élémentaire est la mise à jour des listes électorales. Pour que les habitants soient également électeurs et que les électeurs soient –sauf exception- inscrits là où ils résident. On pourrait imaginer que cela va de soi. Eh bien non ! Une simple comparaison entre les listes électorales et les adresses postales conduit à constater qu’une fois sur cinq, ça n’est pas le cas. C’est une responsabilité du maire que de mener ce travail à bien. Le moins que l’on puisse dire c’est qu’il y a, à Rennes, du pain sur la planche.  

Vient ensuite la question institutionnelle. Les responsabilités du Conseil général sont elles clairement identifiées ? Le mode de scrutin actuel est-il adapté ? Ceux qui ont mené campagne et ceux qui observent les résultats peuvent répondre d’une même voix : c’est non ! Comment savoir si le Département intervient pour la culture ou le sport quand cinq autres niveaux d’administration (commune, métropole, région, Etat, Europe) ont le même champ d’intervention ? Comment me rappeler que je vote, si mon voisin d’en face, le même jour, n’est pas concerné par l’élection ? Face à cet embrouillamini, la réforme des collectivités territoriales votée à l’automne à l’initiative du Gouvernement apporte une réponse : en 2014, les conseillers territoriaux seront élus en même temps sur tout le territoire et il sera mis fin au chevauchement de compétences entre Département et Région.

Cependant, à quoi bon l’actualisation des listes électorales et le chantier institutionnel si l’élection demeure un moment purement formel qui n’engage les élus que le temps d’une campagne ? Si, passé le temps de l’élection, l’électeur-citoyen est à nouveau considéré comme un administré anonyme dont l’avis compte si peu, comme on a pu le voir l’an passé à propos de la vie en Centre ville, de la prairie des Matélouères, de l’école Kennedy, de l’usine de Villejean, de la bibliothèque Saint-Martin et de bien d’autres sujets encore… A Rennes, le taux d’abstention a été de 6 points supérieur à la moyenne départementale : n’est-ce pas l’indice qu’il faut changer les pratiques et s’interroger sur le « modèle rennais » ?

Un « modèle rennais » qui se paie à grands frais des « Caravanes de quartier » (150 000 euros l’an dernier), qui contrôle les médias (TV Rennes, Rennais, Info Métropole), multiplie les campagnes promotionnelles, s’achète une revue pour illustrer ses politiques (« Place publique » 180 000 l’an dernier), invite le forum Libération (NNN 000 euros), s’invente une « Cité des idées » dont personne n’a bien saisi ce en quoi elle consiste… et finalement s’accommode de la plus basse participation des villes de l’ouest aux élections… N’y aurait il pas, au royaume du PS local, quelque chose de bancal ?

Bruno CHAVANAT


« Place Publique » : 400 000 euros d’argent public versés sans aucun contrôle !

Coup de gueule, Sur le vif 15 mars 2011

A l’heure où la bonne gestion de l’argent public n’est pas seulement une question de nécessité mais aussi une question de morale, où chaque euro prélevé sur le contribuable doit être un euro utile à la collectivité, où le B. A. BA de la gestion publique est le contrôle du bon usage des subventions versées, Rennes Métropole offre un contre-exemple singulier, pour ne pas dire choquant.

De quoi s’agit-il ? Entre l’été 2009 et décembre 2010, la communauté d’agglomération a attribué  trois subventions -respectivement de 75 000, 150 000 et 150 000 euros- à une association dénommée « Place des débats », présidée par l’ancien directeur de la communication de la ville de Rennes. L’objet de cette subvention ? Editer la revue « Place publique », dont l’objectif est de réunir des contributions sur le « fait urbain » et qui est vendue en kiosque moyennant un prix au numéro de 10 euros. Pour faire bonne mesure, la région Bretagne verse à  « Place des débats » 30 000 euros supplémentaires. Au total donc, plus de 400 000 euros d’argent public en moins de deux ans, auxquels il faut ajouter la mise à disposition  gratuite de locaux aux Champs Libres.

Les visées de Daniel Delaveau, qui a porté sur les fonts baptismaux cette coûteuse revue, sont assez transparentes. Il  s’agit une nouvelle fois de créer un support à travers lequel célébrer « l’exemple rennais ». Avec l’apparence d’une revue universitaire de qualité dans laquelle se nichent de larges tribunes ouvertes au maire, à ses amis élus et à ses services, l’opération est habile.

Sauf que le subterfuge semble ne pas fonctionner. A tel point que les chiffres de diffusion de la revue, qui devraient être le premier indice qu’elle répond à un besoin, sont soigneusement tenus secrets.  Quand nous avons demandé les chiffres de diffusion (notamment la diffusion réellement payée), on nous a répondu très officiellement qu’ils relevaient de l’association et n’étaient pas communicables! Ainsi donc, les contribuables métropolitains n’ont ils pas le droit de savoir à quoi servent exactement les 400 000 euros qu’ils versent. Plus grave, Rennes Métropole semble l’ignorer elle-même. Et pire encore, le président de l’association, interrogé par le Mensuel de Rennes répond «qu’il n’a pas les chiffres en tête »…

On serait prêt à rire de cette mauvaise farce, si elle ne témoignait pas d’une scandaleuse légèreté dans l’emploi de l’argent public et si le contribuable ne risquait pas -in fine- d’en être le dindon.


Revue « Place Publique » : pourquoi tant d’opacité ?

Coup de gueule, Sur le vif 17 février 2011

Rennes Métropole refuse obstinément de communiquer les chiffres de diffusion de la revue. En moins de trois ans, « Place publique » a pourtant reçu près de 400 000 euros d’argent public !

16 décembre dernier : le conseil de Rennes Métropole alloue une généreuse subvention de 150 000 euros à l’association « Place des débats » qui édite la revue « Place publique ». C’est la troisième fois en moins de trois ans que cette association présidée par l’ancien directeur de la communication de la ville de Rennes bénéficie des largesses de Rennes Métropole. Au total 375 000 euros, auxquels s’ajoutent une subvention de la Région Bretagne et la mise à disposition gratuite de locaux aux Champs Libres.

Pour connaître l’usage qui est fait de tout cet argent (dont au passage le reste de la presse, qui connaît de graves difficultés économiques aimerait bien bénéficier), nous avons demandé à connaître les chiffres de diffusion de la revue. La revue « Place publique », une revue dont l’objet est en principe de susciter le débat sur les « questions urbaines » est vendue en kiosque et par abonnement. A combien d’exemplaires ? Rennes métropole estime apparemment que ça ne regarde pas les contribuables rennais. Sollicité par nos soins, M. Delaveau répond que ces « chiffres n’ont pas à être communiqués ».

Pour une revue qui cherche à créer le débat, on aurait aimé davantage de transparence.  Il est vrai cependant que le débat reste limité. La revue se garde bien, en particulier, de solliciter les différents groupes d’opposition représentés au conseil municipal, dont les questions sont sans doute embarrassantes…


Lettre ouverte à M. Le Pillouer, Directeur du Théâtre National de Bretagne

Sur le vif, Tribune Libre 9 décembre 2010

Cher Monsieur Le Pillouer,

Vous avez réagi aux propos que j’ai tenus lors du dernier conseil municipal concernant le TNB, sa mission de service public et les entorses répétées au principe de neutralité dont les Rennais ont pu être témoins.

Contrairement à ce que vous pensez, je me suis réjoui du contenu du rapport d’activité du TNB pour ce qui concerne tant sa programmation, sa fréquentation, sa mission de formation et son projet de coopération Prospéro. Il ne faut pas chercher à me faire dire ce que je n’ai pas dit. J’ai dit, au contraire, ce que je pense à ce sujet : le TNB est une institution de qualité, créative et reconnue comme telle et qui a eu le mérite d’élargir la palette de sa programmation pour s’adresser à un public plus large au cours des dernières années, ce qui explique sans doute les bons chiffres de sa fréquentation.

Mais je crois tout aussi fermement que la place du TNB à Rennes, la qualité de sa programmation et le niveau de sa fréquentation donnent à l’institution comme à son directeur des responsabilités.

La première d’entre elles est d’être au service de tous les Rennais. Ce qui devrait vous conduire à respecter une valeur fondamentale de la démocratie : le principe de neutralité du service public.

Vous nous dites que la majorité des personnels du TNB se sont mobilisés contre la réforme des retraites. C’est évidemment leur droit. Mais la mission du TNB n’est pas d’abord d’exprimer l’opinion politique de ceux qui y travaillent. Le mur électronique de l’avenue Janvier du TNB est en principe destiné à promouvoir des évènements culturels. Vous cautionnez son emploi pour des messages purement politique. Mais accepteriez-vous que demain, les halls d’accueil de la mairie, de la préfecture ou de la sécurité sociale vous accueillent avec des slogans politiques (a fortiori s’ils étaient contraires à vos propres opinions) ?

Il est vrai qu’en s’abstenant de toute réaction face à ce mélange des genres, la mairie vous encourage.

Il est vrai aussi qu’en vous demandant de le soutenir publiquement pour sa campagne municipale en votre qualité de directeur d’un établissement culturel largement financé par la ville, M. Delaveau vous avait lui-même démontré le peu de cas qu’il fait de la neutralité du service public.

Vous comprendrez donc qu’il m’apparaissait de ma responsabilité de m’exprimer comme je l’ai fait.

Il m’a semblé plus normal, pour qu’il n’y ait pas d’incompréhension entre nous de vous l’écrire directement. Mais comme le débat est déjà public et que cette question intéresse tous les Rennais, je me permets de rendre publique ma réponse.

Bien cordialement à vous.

Bruno Chavanat


TV Rennes 35 : une gouvernance nécessitant des garanties d’indépendance

Intervention de Marie LOUIS

Conseil Municipal du 6 décembre 2010

 

Monsieur le Maire,

Chèr(e)s Collègues,

 

Nous partageons les objectifs affichés dans ce nouveau contrat avec Rennes Cité Média. Néanmoins, le mode de fonctionnement de la SEM et son financement exigent que collectivement nous redoublions de vigilance. Pourquoi ?

Parce qu’en confiant la présidence du conseil d’administration à la présidente du groupe socialiste à la Mairie de Rennes, le risque de partialité existe incontestablement !

Par conséquent, l’évaluation objective et impartiale d’objectifs tels que « rendre compte de la vie publique locale selon une approche pluraliste » ou « favoriser l’expression des citoyens et les débats publics » mériteront une attention particulière.

Toutes proportions gardées, que n’auriez-vous dit si Jean-François Copé ou Christian JACOB avait été nommé à la tête de son Conseil d’Administration de France Télévison.

Alors bien sûr, nous ne remettons aucunement en cause la structure de la SEM et un soutien financier fort de la collectivité. Une chaîne de télévision locale comme TV Rennes 35 est une chance pour notre territoire. Simplement, la présence du politique dans sa gouvernance nécessite des garanties fortes d’indépendance.

Je vous remercie.