La communication est elle une fin en soi ?

Sur le vif, Tribune Libre 8 février 2010

logoeuropecouleurofficiel20copieLe « rayonnement » de Rennes Métropole est au menu du Conseil d’agglomération… Sous couvert de stratégie, on y parle beaucoup de communication. Mais définir une stratégie, n’est-ce pas d’abord faire des choix qui engagent notre avenir ?

Bien sûr, tout le monde aimerait que Rennes Métropole rayonne à l’échelle européenne. Etre reconnu comme un modèle dans chacun des domaines où l’on agit, qui ne le souhaite pas ? Mais affirmer cette ambition, cela suffit il à définir une stratégie ?

C’est la question qui était en débat au Conseil d’agglomération du mois de janvier. Un premier débat, nous dit-on… une mise en bouche.

Mais de quoi parle-t-on au juste ? De faire connaître le « modèle Rennes Métropole », de « créer une marque de territoire » en écho à la « direction marketing » qui a été créée (dans ces termes) dans l’organigramme de Rennes Métropole, de « participer au processus législatif européen ». A entendre ce qui se dit, on en vient à se demander si on ne prend pas le problème à l’envers.

Le « rayonnement » est-ce vraiment d’abord une question d’image, une question de « com » ? Pour une personne, le rayonnement, procède d’abord de l’énergie ou du caractère dont elle fait preuve. La perception qu’en ont les autres en découle… Pour une collectivité, n’est-ce pas un peu pareil ? Ne vaut il pas mieux commencer par consacrer l’essentiel de nos efforts à résoudre les trois ou quatre questions majeures qui sont devant nous.

Lire la suite »


Résultats des élections européennes

Sur le vif, Tribune Libre 8 juin 2009

« Le résultats des élections européennes à Rennes, comme dans toute la Bretagne, traduit d’abord l’échec du parti socialiste.

Le mouvement d’opinion qui a sanctionné à l’échelle nationale un parti qui n’a pas su gérer ses divisions internes et n’a formulé aucune proposition claire sur l’Europe est évidemment l’une des causes de ce vote sanction.

Mais ça n’est pas la seule.

Au plan régional, choisir pour la Bretagne, une partisane du Non, c’était nier l’attachement des bretons à l’Europe.

Au plan local, la municipalité rennaise conduite par Daniel Delaveau, qui n’a pas démontré sa capacité à incarner une ambition nouvelle. n’offre aucun point de résistance. Son score s’effondre passant de plus de 46% au premier tour des municipales à moins de 20%. Ce résultat démontre que l’antisarkozysme systématique que l’on nous sert en toute occasion, y compris dans les débats municipaux, est un paravent qui ne protège pas l’équipe en place de ses propres faiblesses. Le résultat éloquent des Verts montre en revanche, que face à une équipe qui ne se renouvelle pas, il y a un besoin de respiration dans la ville.

Le score de l’UMP et des formations politiques unies dans la liste conduite par Christophe Béchu et où figurait la conseillère municipale du groupe Rennes Capitale Doris MADINGOU, est supérieur à celui du PS. Il doit encore progresser mais il nous donne désormais une  responsabilité toute particulière.

C’est à nous, principale formation d’opposition représentée au conseil municipal, qu’il appartient de répondre au besoin de respiration et de renouvellement qui s’est exprimé. Nous avons commencé d’y répondre. Nous allons amplifier notre action.

Nous le ferons en rassemblant ceux qui ont envie d’agir. Les résultats d’aujourd’hui leur montrent qu’ils ne sont pas seuls à vouloir réveiller la municipalité. Nous le ferons en faisant confiance  et en rassemblant les nouveaux talents de tous les horizons, qui ont une ambition pour Rennes. »

 Bruno CHAVANAT


« Orientations budgétaires de Rennes Métropole : recourir à l’emprunt plutôt qu’à l’impôt »

Réflexion, Sur le vif 17 novembre 2008

Lundi 17 novembre, Bruno Chavanat, président du Groupe « Union pour Rennes Capitale », commente l’agenda de la semaine.

Clôture du festival « convergences culturelles »

L’expression de la diversité culturelle correspond tout d’abord à une réalité : 140 nationalités sont représentées à Rennes. Chacune d’entre elle a quelque chose à dire sur et à elle-même et sur et à la Ville. Il est important de ce point de vue là, que chacun puisse être reconnu et s’exprimer. Après, être étranger dans une Ville peut présenter certaines difficultés. « Convergences culturelles » est une manifestation ponctuelle qui n’a pas vocation à les résoudre à elle seule dans la durée. C’est précisément l’objet normalement du comité consultatif des personnes rennaises d’origine étrangère dont l’activité, épisodique dans le précédent mandat, mériterait d’être relancée  pour répondre à sa vocation.

 

 

L’accueil à Rennes de la Conférence « jeunes chercheurs en Europe » les 20 et 21 novembre ?

 Manifestation très importante. Il est essentiel de parier sur la recherche. La recherche est l’avenir de Rennes. Et de ce point de vue, l’Europe est l’avenir de la recherche et de la recherche rennaise. L’ouverture internationale est un levier pour l’excellence des Universités rennaises. Nous avons, malgré les efforts qui sont réalisés, encore un retard à rattraper.

Toutes les initiatives qui visent à combler ce retard sont les bienvenues, et certaines d’entre elles doivent s’adresser aux étudiants dés le début de leurs études universitaires. La ville a un rôle à jouer pour encourager la pratique des langues étrangères (sur lesquelles la France continue d’être en retard) ou pour accompagner les étudiants dans les démarches qui les conduiront à l’étranger. Il faut leur permettre à tous de devenir bilingues : c’est une condition essentielle pour qu’une « université rennaise européenne » devienne une réalité concrète.

Un point de l’ordre du Jour du Conseil d’agglo jeudi prochain ?

 Un premier point tout d’abord sur la situation économique. Il est temps que Rennes Métropole se saisisse de ce débat et que l’on passe d’un constat partagé à une action partagée.

Le second point concerne l’impôt Métropole (« impôt ménages ») dont nous aurons à débattre de la poursuite. A l’époque, nous avions dit que l’impôt ne se justifiait pas au regard de la situation de l’agglo : faiblement endettée, elle aurait du préférer recourir à l’emprunt alors que la faiblesse des taux d’intérêt le rendait avantageux et en tous cas préférable à l’impôt. Notre analyse demeure, en dépit des évolutions qui sont intervenues (notamment sur la question des taux) : nous refusons, dans un contexte où le pouvoir d’achat est contraint, que la Métropole continue de se constituer une « cagnotte » sur le dos des ménages, dés lors qu’elle est en capacité de lui substituer le recours à l’emprunt.


L’édito politique de la semaine

Réflexion, Sur le vif 25 octobre 2008

Ce samedi 25 octobre, Bruno Chavanat apporte son éclairage sur quelques événements qui font l’actualité rennaise :

- Manifestation « ma santé est publique », « nozambules », interventions municipales en matière de santé publique à Rennes…

- »Semaine bleue », place des aînés dans la Ville, cohabitation des générations…

- 59è Session Internationale du Parlement européen des Jeunes: Rennes et l’Europe.

Edito Bruno Chavanat – 25 Octobre 2008
envoyé par RennesCapitale


L’Europe! L’Europe! L’Europe!

Coup de coeur, Sur le vif 24 octobre 2008

Un événement dont on reparlera ici au cours de la semaine prochaine : c’est aujourd’hui qu’arrivent les 300 jeunes (de 32 pays) du Parlement européen des jeunes qui tient pendant 10 jours sa 59è Session internationale à Rennes. Le Parlement européen des Jeunes est issu d’une association née à Fontainebleau il y a une vingtaine d’année. Reprise et développée aujourd’hui dans toute l’Europe, elle a pour objet d’impliquer des jeunes 15 à 25 ans dans la construction européenne en les invitant à prendre part au débat public sur ces matières. Plus largement, elle contribue à sensibiliser les jeunes européens à l’importance de l’Union, et à les rapprocher de ses institutions. Au-delà, elle les forme à l’expression d’une citoyenneté active et aux enjeux des échanges culturels. Elle organise pour cela des « sessions parlementaires » à différents échelons (régional, national, international). Les textes (résolutions) qui en sont issus sont ensuite transmis aux autorités nationales et européennes. La session de Rennes les verra réfléchir et débattre sur le thème de la citoyenneté européenne et les façons de la faire vivre concrètement au quotidien.

La démarche et la méthode de cette initiative sont tout à fait remarquables.

Une « leçon de choses » qui nous rappelle que le projet européen, jamais achevé, se construit par le fait et l’expérience autant que par le droit.

Elle nous rappelle que la réalité vécue intimement par ces jeunes au cours de ces quelques jours (habitudes de travail, rapports humains, formation à la négociation) en fera et effet les meilleurs ambassadeurs de la cause européenne.

Que l’Europe, au-delà des politiques communes sectorielles, au-delà des procédures et des textes qui la fondent, est bien faite pour et par les peuples et non contre ou malgré eux.

Que si l’Europe communique mieux (de nombreuses brochures par exemple, en téléchargement ici ), que si les initiatives se multiplient, il reste encore beaucoup à faire pour informer, combattre les idées reçues, et conjurer l’impression d’éloignement. Le «déficit démocratique» imputé (à tort) à L’Europe est certainement autant le fait d’une certaine complexité quant à son fonctionnement qu’aux responsabilités qui incombent aux autorités nationales et locales dans la manière dont elles présentent et défendent les enjeux européens.

Une Mairie peut d’ailleurs très bien concevoir une Vision, une stratégie, un plan d’actions pour témoigner de son engagement européen. Concernant Rennes, nulle trace, sur le site internet, de la présence de l’Europe dans la Ville si ce n’est de vagues allusions dans la rubrique « International ». L’Europe qui fait à ce point partie de nos horizons et de notre quotidien relève-t-elle encore du reste de « l’International »?

Le choix de Rennes pour accueillir cette manifestation n’est pas anodin : il rappelle l’ancrage européen de la Bretagne en général et de la Ville en particulier. Ici sans doute plus qu’ailleurs, on sait ce que l’on doit à l’Europe. Il y a là un contexte qui mériterait certainement d’être stimulé davantage par des initiatives municipales appropriées.


Un « plan B » pour le Centre des Congrès!

Réflexion, Sur le vif 23 octobre 2008

Quelques uns d’entre nous avons assisté lundi soir à la rencontre organisée notamment par l’Association « si on se parlait » autour du choix annoncé par la majorité municipale d’installer le centre des Congrès au Couvent des Jacobins. Contestable par sa méthode même (Daniel Delaveau l’a annoncé au cours de la campagne du printemps dernier sans débat ni concertation préalable), les arguments contre le choix des Jacobins sont désormais connus et reconnus (Cf notre dossier): une jauge limitée sans capacité d’extension possible, difficultés d’accès au site, coûts affichés et délais irréalistes… Un certain nombre de propositions alternatives ont même été largement développées ici et ailleurs : à proximité de la Gare sur une dalle ad hoc, à la place de la Prison des femmes, sur le site d’ST Micro dans le Blosne. Quant aux Jacobins, l’idéal serait de lui reconnaître sa vocation culturelle et d’un faire surtout un lieu destiné à tous les Rennais.

A entendre la manière dont le projet est défendu, on sent qu’il y a comme là « quelque chose qui cloche ». Sylvie Robert (elle-même peut-être peu convaincue ?), Vice Présidente de Rennes Métropole déléguée à la culture, lundi soir sur France 3 peine d’ailleurs à convaincre de la pertinence du choix. Elle se retranche derrière l’étude qui l’a accompagné (dont on ne sait pas bien si elle l’a déterminé ou si elle est venue en SAV du projet auquel on avait de toute façon décidé d’aboutir) et défend «l’opportunité de pouvoir donner une vocation au Couvent» (ouf !). Le raisonnement est un peu court et confirme en tous les cas la portée de notre diagnostic :

compte tenu de ses enjeux, on ne choisit pas l’emplacement d’un Centre des Congrès parce qu’on manque d’imagination, parce qu’on joue la montre, ou parce que l’on escompte des économies

(faire d’une pierre deux coups en dotant la ville d’un équipement dont l’absence est dénoncée depuis longtemps, tout en rénovant un site lui aussi en souffrance depuis de nombreuses années via le recours à quelques subventions publiques -Etat, Région, Europe-). Compte tenu des contraintes de la rénovation, on peut d’ores et déjà parier que les coûts affichés (65 millions d’euros) seront très largement dépassés.

Si l’on peut comprendre, en lisant entre les lignes, les raisonnements qui motivent le choix de la majorité, on a du mal à admettre qu’elle reste plus longtemps insensible aux arguments qui lui sont présentés et qu’elle continue de rester sourde à l’invitation à débattre avec les Rennais des enjeux d’un projet qui les concerne et les intéresse directement.