USLD: pédagogie de la réforme

Intervention de Marie Louis

Conseil municipal, 12/11/08

Réforme des USLD

Monsieur le Maire,

J’ai écouté avec émotion les mots de Madame Briand. Oui, émotion parce que la vieillesse, la dépendance et le handicap, surtout lorsqu’ils frappent ensemble, font vibrer la corde de l’injustice, projetant chacun d’entre nous devant la finitude des hommes et constituent un terreau où le sentiment pousse plus vite que l’analyse et le pragmatisme.

En écoutant Madame Briand, j’ai failli céder à l’idée trop couramment admise que la vieillesse est une maladie et qu’il faut lui trouver désormais des remèdes que seuls les plateaux techniques coûteux sont capables de prodiguer.

L’erreur est là.

Monsieur le maire, mes chers collègues être vieux n’est pas un mal, c’est un état. Un état que peut encore fragiliser la maladie. Etre vieux c’est parvenir au crépuscule de sa vie, à une période de sagesse, où devrait régner l’apaisement et que, notre société, mue par ses peurs, voudrait panser à coup d’ USLD (Unité de soins de longue durée).

La vieillesse n’est pas un mal que l’on traite. Ce n’est même pas un problème. Lire la suite »


Positiver la réforme

Réflexion, Sur le vif 12 novembre 2008

Entre autres sujets, à l’ordre du jour du Conseil Municipal de ce mercredi, un vœu déposé par la Majorité sur la réforme des Unités de Soins Longue Durée (USLD). Un vœu qui relaie la position sans nuances exprimée ces jours derniers par le président du Conseil général.

Si la question de la dépendance touche directement ou indirectement nombre de familles rennaises, il n’est pas certain que le grand public connaisse dans le détail les tenants et les aboutissants d’une réforme assez technique dans son contenu. 

Anciens « hospices », puis « centres de long séjour », les USLD dépendent du secteur hospitalier. A ce titre, la Sécurité Sociale prend en charge les soins, mais non l’hébergement ou les repas. Elles sont réservées aux personnes âgées qui n’ont plus toute leur autonomie de vie et dont l’état de santé nécessite une surveillance médicale permanente et des soins. La réforme entreprise  prévoit de convertir un certain nombre de places USLD en « Etablissements d’Hébergement pour Personnes Agées Dépendantes » (EHPAD).

 Les EHPAD sont des maisons de retraite conventionnées (CG et Assurance Maladie) spécialement habilitées et équipées pour accueillir des personnes âgées dépendantes. Au-delà de la différence de statuts : la vocation, les prestations, le public et les modalités de financements de ces établissements diffèrent. Lire la suite »


Dégradation des immeubles du centre ville: aborder aussi la question par l’angle de la mixité résidentielle

Un thème fréquemment revenu au cours de la campagne électorale du printemps dernier est celui de la situation alarmante de l’état des immeubles en centre ville.

Elle est pourtant clairement identifiée depuis 1997. Une enquête diligentée encore récemment par la Mairie dénombrait près de 600 immeubles vétustes, dont 45 dans un état « critique ».

La plupart d’entre eux relèvent du secteur sauvegardé de Rennes et sont donc classés. Les travaux de rénovation sont dés lors soumis à des conditions de réalisations et de délais qui les rendent financièrement dissuasifs, même aidés par les responsables publics. On peut se demander si l’enveloppe consacrée à l’accompagnement des propriétaires par la Mairie a d’ailleurs bien toujours été à la mesure des enjeux. Pour mémoire, en 2005, elle consacrait à la rénovation des cages d’escalier un budget de 123 509 euros, soit une moyenne de… 2000 euros par cage d’escalier.

En partenariat avec l’ANAH, la Région, le Département et Rennes Métropole, une Opération Programmée d’Amélioration de l’Habitat (OPAH) a toutefois été engagée en mars 2007, qui vise notamment la réhabilitation des parties communes de 75 immeubles.

L’acuité du problème invite aujourd’hui la Mairie à une obligation non plus seulement de moyens, mais de résultats.

L’incendie d’un immeuble à pans de bois, des fermetures de commerce (effondrement d’un mur porteur rue St Melaine) un patrimoine historique qui se dégrade… Si la Municipalité a semble-t-il aujourd’hui bien perçu la situation, elle n’a, à l’évidence, pas bien calé le degré d’urgence des solutions à y apporter.

A lire l’autosatisfaction affichée par la Majorité dans une expression politique consacrée, dans l’Info Métropole de ce mois (p.19) à la question du logement, il est permis de douter qu’elle en prenne le chemin. La feuille de route est pourtant tout à fait pertinente: «… le centre ville rennais ne doit pas être vu uniquement comme un vestige de l’histoire de la capitale bretonne mais bien comme un pari pour l’avenir : il joue un double rôle social et sociétal ». Lire la suite »


Vœu du conseil municipal contre les mesures gouvernementales en matière de politique scolaire

Question orale de Bruno Chavanat
Conseil municipal, 08/09/08

Voeu du Conseil Municipal contre les mesures gouvernementales en matière de politique scolaire.

Monsieur le Maire, Madame l’adjointe à l’éducation, mes chers collègues,

Il y a plusieurs manières de lire le vœu qui nous est soumis et d’interpréter les raisons qui, en cette période de rentrée, ont conduit la majorité à faire, elle aussi sa rentrée politique et syndicale, comme si elle craignait d’être jugée trop tiède par tous ceux qui protestent contre la politique du gouvernement.

La première manière de lire ce vœu, c’est de faire crédit à ceux qu’ils l’ont écrit que c’est vraiment l’avenir de l’école et la situation des élèves rennais, de leurs parents, des enseignants et de tous ceux qui concourent à l’éducation qui les intéressent et qui les ont guidés. Faisons un instant cet effort et posons nous quelques questions simples.

- Oui ou non y a-t-il urgence à réformer l’école et à permettre aux 15% d’enfants qui en sortent sans la maîtrise des savoirs fondamentaux de retrouver des chances de réussite ?

- Oui ou non y a-t-il urgence à permettre aux élèves les plus en difficulté à bénéficier d’une attention particulière, de moyens dédiés, d’un suivi plus attentif ?

- Oui ou non y a-t-il urgence à permettre aux maîtres de consacrer officiellement une part significative de leur temps à cette tâche et une autre part de leur temps à la concertation entre enseignants et pédagogues et à des relations avec les partenaires naturels de l’école, en premier lieu les parents ?

Le Gouvernement et Xavier Darcos depuis un an ont répondu oui à ces trois questions.

Le ministre, lui, qui n’est pas réputé pour être un dangereux idéologue, a choisi de bouger. Il a choisi de bouger sur la promotion des savoirs fondamentaux, par une réforme des programmes extrêmement simple qui répond à des préoccupations maintes fois exprimés par des pédagogues et des experts en sciences de l’éducation de droite et de gauche depuis des années.

- Il a choisi de bouger sur l’aide aux élèves en difficulté, dès le diagnostic des premières difficultés en prévoyant le soutien individualisé deux heures par semaine. Il l’a prévu non pas de façon uniforme et rigide mais souple. L’organisation dépendra des parents, des enseignants et des réalités locales (c’est ce qu’a précisé l’inspecteur d’académie). De la même façon qu’est prévu une souplesse sur le maintien des expérimentations sur les rythmes scolaires.

- Il a choisi de bouger sur les horaires que les enseignants pourront consacrer à l’aide aux élèves et à l’organisation pédagogique (3 heures par semaine)

- Il a choisi de bouger sur la faculté de faire des heures supplémentaires, ce qui contribue à une augmentation non négligeable de la rémunération des enseignants

- Il a choisi de bouger aussi sur l’aide aux enfants handicapés pour permettre la scolarisation en milieu ordinaire -ceci notamment par la création dès l’année dernière de 2700 postes d’aides à la vie scolaire Enfin il a choisi de bouger pour que le nombre de postes d’enseignants sans affectation complète ou réelle (35 000 équivalents temps plein) soit réduit parce qu’aucune réforme n’est possible à terme si on la fait sans se préoccuper de mieux gérer.

Naturellement on peut comprendre qu’il y ait des difficultés, des oppositions, que l’on veuille en faire plus, que la réforme ce soit toujours difficile à conduire. C’est naturellement plus confortable de n’avoir pas bougé pendant des années de responsabilité gouvernementale.

Naturellement c’est moins facile à Rennes d’obtenir des créations de postes massives, quand on sait que, depuis 10 ans le nombre d’élèves dans le primaire a baissé de 5000, que le nombre de familles entre 2000 et 2006 a baissé de 4000.

Mais il faut choisir entre un discours constructif et un discours purement protestataire

Il faut choisir entre l’intérêt des enfants, des parents, des enseignants et l’intérêt purement politicien qui consiste à chercher à récupérer les mécontents.

Il faut choisir entre se retrousser les manches ensemble ou mettre de l’huile sur le feu. Mme Hamon, vous avez bien du mal à choisir.

Dans « Education Infos », vous écrivez que vous êtes d’accord avec les objectifs. Vous parlez de partenariat. Et on est alors tenté de vous suivre.

On est tenté aussi de vous dire aimablement que les responsabilités qui sont les vôtres emportent des obligations, sur le temps extra scolaire, sur la « carte de famille nombreuse rennaise » dans les transports entre la maison et l’école, que vous venez de supprimer et qu’il faudrait rétablir (gratuité du titre dom’écoles à partir du 3ème enfant), sur les relations entre les parents et l’école, entre les quartiers et l’école.

Mais nous sommes ici en conseil municipal et le virus de la politique vous reprend. Adieu le partenariat. Bonjour les vieilles formules caricaturales et assassines. Tout cela nous oblige à constater qu’il y a une deuxième lecture du voeu et à le lire comme il a sans doute en partie été écrit. Comme une opération purement politique ou politicienne avec tout ce que ce mot peut comporter d’intention manœuvrière et caricaturale.

Il n’y a pas besoin de chercher très loin, tout l’arsenal des vieilles caricatures est là. Le vœu est farci d’expressions alarmistes « mise en danger de l’école républicaine » « recul de l’État face à ses responsabilités », déstabilisation de la situation des « enfants les plus fragiles ».

Tout ceci c’est le langage du parti socialiste qui se parle à lui-même. Un parti socialiste en mal d’idées qui se fabrique un diable pour user contre lui les armes et les formules les plus outrées possibles.

Il est sain de démasquer cette mise en scène et de la dévoiler très simplement pour que personne ne s’y laisse prendre. Pour ceux qui ne s’en souviendraient pas, ce même vœu a déjà été présenté au conseil municipal exactement dans les mêmes termes il y a quelques mois. C’était le 5 mai dernier. On rejoue la pièce une deuxième fois.

Il n’y a pas forcément lieu de s’en émouvoir. Sauf qu’on aimerait bien que plutôt que d’accumuler les vœux de protestation contre le Gouvernement, la municipalité nouvelle s’occupe un peu plus de Rennes, assume ses responsabilités et lance le mandat sur des projets concrets qui témoignent de son envie de faire du neuf. Car pendant que l’on fait des vœux sur la politique du Gouvernement, il y a des clignotants qui s’allument localement auxquels qui sont des vraies questions que l’on ferait bien de prendre à bras le corps.

Ainsi qu’en est-il de l’emploi avec les nouvelles inquiétantes pour l’avenir qui nous viennent de PSA principal employeur du bassin rennais. Où est la stratégie du mandat pour l’emploi? Il y a aussi les promesses de campagne dont on attendait que la rentrée concrétise avec par exemple le code de la rue, le partage de l’espace public, une vraie politique pour le vélo au moment où plus de 70 000 cyclistes potentiels entre 15 et 25 ans font ces jours ci leur rentrée à Rennes.

Il y a bien d’autres sujets qui sont de votre ressort et qui méritent davantage que des vœux qui sont encore une fois surtout une manière de vous parler à vous-même. Ce n’est pas cela que les Rennais attendent de vous.


Conseil municipal, 07 juillet 2008

Le Conseil municipal du 7 juillet dernier fut assez riche. Le groupe URC a notamment souhaité ouvrir le débat de la fête de la musique au lendemain d’une édition 2008 marquée une nouvelle fois par une forte alcoolisation et les dérives qui en résultent.

L’invitation à la « concertation » et à la « réflexion » a également été renouvelée à plusieurs reprises en direction de la Majorité que ce soit sur la question de la 2ème ligne de Métro, de l’avenir de la salle Guy Ropartz ou encore sur la mutualisation envisagée des services de la ville de Rennes et de Rennes Métropole.

Il a également été question de la famille avec la création du centre d’information l’Etoile sur la garde d’enfant alors que les places en crèches manquent cruellement à Rennes.

Enfin, un débat a été lancé sur la citoyenneté européenne et la citoyenneté française, suite à l’impossibilité pour une conseillère municipale d’origine allemande de voter aux élections sénatoriales.

Question orale sur la fête de la musique

La fête de la musique, malgré une campagne de communication engagée par la municipalité, n’a pas dérogé aux traditionnels débordements dus à une forte consommation d’alcool. Les pompiers sont intervenus 64 fois au cours de cette soirée.

Cette manifestation doit pouvoir rester une fête populaire et ne pas laisser la place aux excès alcooliques d’une partie seulement des participants, mais qui nuisent à l’arrivée au bon déroulement et à l’image de l’évènement.

Dans un esprit constructif, le groupe URC, souhaite faire une proposition concrète afin de rechercher collectivement des solutions pertinentes. Il invite à créer un groupe de travail qui réunirait les différents acteurs institutionnels et non institutionnels afin d’améliorer les prochaines éditions. Il propose dans ce cadre d’imaginer sur un périmètre donné et en lien avec les cafetiers de la ville une « fête de la musique sans alcool ».

Intervention de Michèle PAYEN-TOULOUSE >

Etoile, centre d’information petite enfance

Le problème de la garde d’enfants à Rennes est un problème latent et qui se manifeste avec une acuité croissante et criante. Ce centre d’information peut être intéressant si les moyens suivent, c’est-à-dire à la condition que le nombre de places en crèches augmente, tout comme le nombre d’assistantes maternelles. Sans cela, cette initiative risque de se réduire à une simple opération de communication.

Intervention de Jérôme NORMANDIERE >

Mutualisation des services de la ville de Rennes et de Rennes Métropole

Des axes de mutualisation des services de la ville de Rennes et de Rennes Métropole sont actuellement à l’étude. Il s’agit là d’une question importante lorsque l’on sait existe de nombreux doublons entre ces deux entités. Mais il s’agit d’une réforme de fond qui ne doit être prise ni à la légère ni en catimini. Elle doit notamment prendre en compte les caractéristiques des entités concernées, l’une étant une collectivité territoriale et l’autre un établissement public et donc avec des statuts et une légitimité différente. Bruno Chavanat rappelle également que l’étude doit couvrir également la notion de territoire à considérer ainsi que les compétences respectives de ces institutions.

Intervention de Bruno CHAVANAT >

Rachat d’installation et matériel de la salle Guy ROPARTZ

Le TNB a réouvert ses portes en mars dernier, grâce notamment à une aide confortable de l’Etat. Il est proposé d’adopter une délibération sur le rachat des équipements utilisé à Guy Ropartz lors des travaux du TNB. Ce rachat s’élève à 222 211 € en se basant sur le coût du neuf. Le Groupe URC, à travers l’intervention de Jérôme NORMANDIERE, s’interroge sur l’absence du projet culturel qui devrait justifier le rachat des équipements. Qu’envisage-t-on de faire désormais de la salle Guy ROPARTZ ?

Intervention de Jérôme NORMANDIERE >

Concertation préalable concernant la deuxième ligne de métro

A l’occasion de ce Conseil, il est proposé d’adopter une délibération sur la 3ème phase du projet, c’est-à-dire l’enquête publique. La question qui se pose aujourd’hui est: que va-t-on dire à la population ? Au moment où la délibération doit être prise, il n’y a encore aucune idée précise sur les trajets pas plus qu’il n’existe de plan de financement…

Le flou qui règne sur ce dossier, déjà très présent dans la campagne électorale a pour conséquence une relative méfiance  de la part de certains des habitants concernés par les travaux de cette hypothétique ligne de métro.

Par ailleurs, Bruno Chavanat interroge les choix de la majorité au regard des besoins de desserte des communes de la 1ère et 2ème couronne. Compte tenu de ce qu’elles seront mise à contribution, elles ont voix au chapitre : l’investissement extrêmement lourd que constitue un métro Renno-Rennais risque de compromettre les projets qui devraient leur être dédiés.

Intervention de Bruno CHAVANAT >

Centre des Congrès au Couvent des Jacobins

A l’occasion du lancement d’un concours d’architecte et d’un marché d’assistance à maîtrise d’ouvrage (déjà publié au bulletin officiel des marchés publics), Bruno Chavanat rappelle les éléments qui l’inclinent à penser que ce « projet mal bâti est également mal parti » (extrême confusion de la procédure, absence d’information des Rennais et du conseil municipal, dépassement prévisible des coûts…).

Intervention de Bruno CHAVANAT >

Régime et indemnités des élus

La loi électorale française autorise tout citoyen de l’Union européenne à devenir conseiller municipal. Mme KRUGER, de nationalité allemande, a été élue à ce titre en mars dernier. Cependant, cette même loi, n’autorise pas les élus concernés à voter aux élections sénatoriales. Le groupe communiste auquel elle appartient est intervenu en Conseil pour dénoncer cette situation.

Jérôme NORMANDIERE, pour le groupe URC, rappelle qu’il s’agit là d’une question qui touche au modèle républicain et que plutôt de soulever un débat en Conseil municipal, il serait plus intéressant de profiter de la Présidence française de l’Union Européenne pour interpeller son Président. Sans cela, les messages et les protestations n’ont qu’une fonction symbolique et risquent là encore de confiner à l’exercice de communication.

Intervention de Jérôme NORMANDIERE >


Centre d’information petite enfance : « il ne pourra pas faire de miracles »

Intervention de Jérôme Normandière
Conseil municipal, 07/07/08

Centre d’Information Petite enfance

Le Centre d’information petite enfance est une initiative tout à fait intéressante. Elle peut néanmoins paraître étonnante au regard de la nature des difficultés persistantes en matière de garde d’enfant à Rennes. Le problème réside sans doute autant, si ce n’est même plus, dans le manque de capacité d’accueil que dans l’information et l’orientation.

C’est donc à la fois très simple… et très compliqué. Nous ne doutons pas que ce centre trouvera sa pleine mesure et toute son utilité lorsqu’il sera également envoyé par la Mairie un signe fort pour satisfaire les besoins en matière de garde d’enfant. A lui seul, il ne pourra pas faire de miracles.

L’information, sans les moyens qui suivent derrière risque de confiner, chacun le sait, à un exercice de communication.

Nous verrons donc à l’usage, mais en attendant, le centre ne doit pas être le cache-sexe –ou plutôt l’arbre qui cache la forêt- des choix qui ont pu être faits et qui conduisent à la situation que nous connaissons.

Les crèches sont aujourd’hui saturées. Le nombre de places en crèches municipales est passé de 1227 en 1996 à 1070 en 2006. Le nombre d’assistantes maternelles de la Ville de Rennes a été divisé par deux entre 1998 et 2006. 36% des demandes sont aujourd’hui satisfaites alors qu’elles étaient encore 58% en 1998.

Cette réalité pèse sur la disponibilité et même sur le droit au travail d’un grand nombre de parents, essentiellement des mères de famille.

C’est un constat que nous avons formulé au cours de la campagne du printemps dernier. Nous proposions notamment, en liaison avec la CAF et le CG un plan d’adaptation de l’offre –structures collectives ou assistantes maternelles- destinées à satisfaire en deux ans la totalité des besoins des familles rennaises pour la garde des enfants de moins de 3 ans. Ce plan devrait idéalement précéder ou accompagner une initiative telle que le centre d’information.

Il y avait en 2000 43500 familles avec au moins un enfant. Elles étaient 39700 en 2006, alors que la population de la Ville s’accroissait dans le même temps, de 12000 habitants environ.

Une Ville qui perd ses familles, c’est une ville qui renonce implicitement à tout un pan du lien social. C’est une ville qui trahit sa raison d’être en s’abstenant de s’adresser à tous. C’est une ville qui fait des choix implicites. En s’abstenant de prendre des mesures positives et volontaristes, elle fait celui de les laisser partir et ainsi de tourner le dos à son avenir.


Conseil municipal, 09 juin 2008

Les Universités bretonnes avaient dans le cadre de « l’opération campus » monté un projet commun. Celui-ci n’a malheureusement pas été retenu. Dans ce contexte, le groupe URC a tenu à rappeler l’importance de l’Université et du monde étudiant dans le vie et le développement de la ville. Il s’agit d’une richesse pour notre cité, qui mérite à ce titre une politique de soutien ambitieuse.

Le développement urbanistique et la recherche étaient également à l’honneur avec une délibération sur la ZAC Atalante Champeaux. Benoit Caron a en effet appelé à une véritable ambition architecturale et économique de cette zone.

La famille était à l’ordre du jour avec une intervention de Marie Louis sur la suppression de la gratuité de la carte DOM’Ecole pour le 3ème enfant dans un contexte déjà inquiétant de fuite des familles au-delà des rocades.

Enfin, nous avons parlé convivialité avec la réussite de l’opération « Fête des Voisins » pour laquelle le groupe URC a renouvelé son invitation faite à la Municipalité de s’y associer.

« Opération Campus », quelle est la stratégie de Rennes pour soutenir le développement de son Université ?

Cette semaine a débuté avec une nouvelle regrettable. Les Universités bretonnes ne bénéficieront pas de l’enveloppe du plan campus. Le projet d’innovation numérique n’a pas été retenu en 1ère sélection. Il en sera vraisemblablement de même à la 2ème sélection. Le projet était ambitieux, trop peut-être. La municipalité a cependant été plus que discrète sur ce dossier en amont comme en aval, comme elle l’est plus largement sur toutes les questions touchant les universités rennaises, la Recherche et la condition étudiante.

Intervention de Bruno CHAVANAT >

ZAC Champeaux-Atalante

La ZAC Atalante Champeaux, est un des éléments phares de la métropole en ce qui concerne le développement économique et la recherche, puisque faisant partie de la zone Atalante. Elle est située à une entrée de ville, au sein d’un urbanisme d’habitat relativement dense et vertical, avec un besoin et une demande pour un urbanisme de qualité.

Benoît Caron invite la majorité à envisager au sein de la ZAC un espace de recherches et d’implantation industrielle dans le domaine de l’agro alimentaire, avec un urbanisme digne de l’ambition que cela impose. Au-delà, il prolonge son propos par une réflexion et un constat sur l’identité architecturale d’une Ville qui n’a plus en ce domaine l’ambition qu’elle avait encore dans les années 70.

Intervention de Benoît CARON >

DOM’Ecoles

Si la municipalité augmente la plupart des tarifs municipaux de 2,8 % pour suivre l’inflation (3%), il est une augmentation plus difficilement acceptable.

Ainsi, la suppression de la gratuité de la carte Dom’écoles pour le 3ème enfant ne paraît pas compréhensible dans l’immédiat et revient, ironies des calendrier, à décliner à l’échelle de la ville la suppression un temps envisagée de la carte familles nombreuses, dénoncée alors par le PS, et auquel le gouvernement a finalement renoncé.

Intervention de Marie LOUIS >

La Fête des voisins

Cette année encore la fête des voisins fut un véritable succès. Cependant il est étonnant que cette manifestation ne bénéficie pas d’un soutien plus marqué de la Mairie. Michèle Payen revient sur l’histoire et le sens d’une manifestation qui a su trouver sa place, répondre à un besoin et témoigner ainsi de tout son intérêt.

Intervention de Michèle PAYEN-TOULOUSE >


Remise en cause de la gratuité du forfait dom’écoles pour le 3è enfants: une mesure qui pénalise les familles

Intervention de Marie Louis

Conseil municipal, 09/06/08

Forfait Dom’école

Monsieur le Maire, Chers collègues,

Si la municipalité augmente la plupart des tarifs municipaux de 2,8 % pour suivre l’inflation de 3%, il est une augmentation plus difficilement acceptable, car non justifiée dans l’immédiat.

En effet, le passage du ticket de 1,10 € à 1,20 € au 1er juillet 2008 ne paraît pas compréhensible aujourd’hui. Une augmentation aurait pu être envisagée sur la base d’un plan de financement de la 2ème ligne de métro. Le faire avant signifie qu’il n’est pas à exclure une nouvelle hausse des tarifs quand on sait le coût que cette nouvelle opération va représenter.

Autre décision tout aussi incompréhensible, la remise en cause de la gratuité du forfait Dom’écoles pour le 3ème enfant.

Je rappelle que cette carte est réservée aux scolaires qui sont à la fois domiciliés et scolarisés dans Rennes Métropole.

Au moment où nous savons combien le budget transport pèse sur les familles, com bien les familles ont des difficultés pour rester vivre à Rennes… Pourquoi les pénaliser ?

Pourquoi enfoncez un peu plus les familles en supprimant la gratuité pour le 3ème enfant ? Il en coûtera à ces familles 60 € de plus par an.

C’est un peu facile de faire la leçon sur ce qu’il faut faire ou ne pas faire au niveau national et dans le même temps alourdir la charge qui pèse sur les familles.

Quelle est votre ambition ?

• soit vous décidez de poursuivre l’opération dissuasion qui consiste à ne rien faire pour stopper la fuite des familles,
• soit nous décidons de faciliter la vie des familles par une meilleure prise en compte des problèmes de transport mais aussi de logement, de garde d’enfant, par le développement des services aux personnes… Et j’en passe !

Monsieur le Maire, je veux vous encourager à tout mettre en œuvre pour inciter les familles à rester à l’intérieur du périmètre de notre ville.

Gardons à l’esprit que les dépenses pour les enfants sont un investissement fondamental pour l’avenir.

Il serait profondément nuisible de l’oublier pour répondre à des préoccupations souvent de court terme, trop comptables et pas équitables.