La communication est elle une fin en soi ?

Sur le vif, Tribune Libre 8 février 2010

logoeuropecouleurofficiel20copieLe « rayonnement » de Rennes Métropole est au menu du Conseil d’agglomération… Sous couvert de stratégie, on y parle beaucoup de communication. Mais définir une stratégie, n’est-ce pas d’abord faire des choix qui engagent notre avenir ?

Bien sûr, tout le monde aimerait que Rennes Métropole rayonne à l’échelle européenne. Etre reconnu comme un modèle dans chacun des domaines où l’on agit, qui ne le souhaite pas ? Mais affirmer cette ambition, cela suffit il à définir une stratégie ?

C’est la question qui était en débat au Conseil d’agglomération du mois de janvier. Un premier débat, nous dit-on… une mise en bouche.

Mais de quoi parle-t-on au juste ? De faire connaître le « modèle Rennes Métropole », de « créer une marque de territoire » en écho à la « direction marketing » qui a été créée (dans ces termes) dans l’organigramme de Rennes Métropole, de « participer au processus législatif européen ». A entendre ce qui se dit, on en vient à se demander si on ne prend pas le problème à l’envers.

Le « rayonnement » est-ce vraiment d’abord une question d’image, une question de « com » ? Pour une personne, le rayonnement, procède d’abord de l’énergie ou du caractère dont elle fait preuve. La perception qu’en ont les autres en découle… Pour une collectivité, n’est-ce pas un peu pareil ? Ne vaut il pas mieux commencer par consacrer l’essentiel de nos efforts à résoudre les trois ou quatre questions majeures qui sont devant nous.

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Un plan d’urgence pour sauver l’année universitaire à Rennes 2

Conseil Municipal du 4 mai 2009

Question orale de Bruno CHAVANAT

Monsieur le Maire,

Nous l’avons dit à plusieurs reprises, les évènements qui se déroulent à Rennes 2 depuis trois mois et plus particulièrement les méthodes de blocage, les violences et les dégradations répétées qui les accompagnent sont inacceptables. Elles ne font que des perdants.

Nous ne sommes plus les seuls à le dire. La prise de conscience est générale. Il n’y a plus désormais – y compris parmi ceux qui ont par le passé démontré beaucoup de complaisance pour ce type d’action- d’indulgence affichée pour des méthodes qui bafouent la liberté d’étudier et celle d’enseigner, qui méprisent avec insistance l’expression démocratique des étudiants.

Vous-même, Monsieur le Maire, avez fait part de votre désapprobation par voie de presse, il y a quelques semaines. C’est une première étape. Mais, devant une situation qui risque d’avoir des conséquences graves pour Rennes 2, pour ses étudiants et, au-delà de Rennes 2, pour l’université rennaise et pour l’image de la ville, les protestations et les communiqués ne peuvent plus suffire. Un plan d’urgence est nécessaire. Et la ville doit être en situation d’initiative.

Un plan d’urgence est nécessaire parce que, au-delà des questions de fond qui conditionnent l’avenir de l’université à Rennes – comment accompagner l’autonomie des universités ? Comment s’inscrire plus efficacement dans l’opération CAMPUS ? Comment accroître les échanges internationaux pour améliorer le positionnement des universités rennaises ?-  il y a des situations d’urgence très concrètes qui ne peuvent pas attendre quelques mois ni même quelques semaines.

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Rennes et la Recherche

Réflexion, Sur le vif 25 novembre 2008

 l’occasion des voeux du Maire au monde de l’enseignement supérieur et de la recherche mercredi 7 janvier, il est intéressant de revenir sur le positionnement de la capitale bretonne vis-à-vis de l’innovation et ses marges de progression possibles.

La Bretagne malgré son éloignement géographique, bénéficie d’un fort potentiel en matière de recherche et d’innovation qui repose aussi bien sur la sphère publique que privée.

Ainsi, chaque année les entreprises bretonnes investissent plus de 500 millions d’euros dans la recherche et la mise au point de nouveaux produits. La recherche bretonne, c’est également 6500 chercheurs et ingénieurs dans les entreprises et organismes scientifiques privés. Notre région accueille par ailleurs 4,5 % des effectifs de la recherche publique, soit 4500 chercheurs. L’innovation bretonne représente 12 millions d’euros par an et enfin notre région occupe la 4ème place des régions françaises pour le dépôt de brevets.

Rennes, avec Brest, concentre l’essentiel de ce potentiel de recherche. La présence des universités, d’écoles d’ingénieurs et autres grands instituts de recherche constitue en effet un atout important.

 

C’est ainsi, notamment, que notre ville a su se positionner dans deux des quatre domaines d’excellence bretons : les sciences et technologies de la communication et de l’information et les sciences et technologies de la santé. Nous ne sommes pas en reste également dans le domaine de l’agroalimentaire avec la présence du pôle de compétitivité « Valorial » ou dans la chimie avec l’institut de chimie.

Malgré tout, la recherche rennaise mérite un nouveau souffle s’appuyant sur cette forte potentialité.

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« Orientations budgétaires de Rennes Métropole : recourir à l’emprunt plutôt qu’à l’impôt »

Réflexion, Sur le vif 17 novembre 2008

Lundi 17 novembre, Bruno Chavanat, président du Groupe « Union pour Rennes Capitale », commente l’agenda de la semaine.

Clôture du festival « convergences culturelles »

L’expression de la diversité culturelle correspond tout d’abord à une réalité : 140 nationalités sont représentées à Rennes. Chacune d’entre elle a quelque chose à dire sur et à elle-même et sur et à la Ville. Il est important de ce point de vue là, que chacun puisse être reconnu et s’exprimer. Après, être étranger dans une Ville peut présenter certaines difficultés. « Convergences culturelles » est une manifestation ponctuelle qui n’a pas vocation à les résoudre à elle seule dans la durée. C’est précisément l’objet normalement du comité consultatif des personnes rennaises d’origine étrangère dont l’activité, épisodique dans le précédent mandat, mériterait d’être relancée  pour répondre à sa vocation.

 

 

L’accueil à Rennes de la Conférence « jeunes chercheurs en Europe » les 20 et 21 novembre ?

 Manifestation très importante. Il est essentiel de parier sur la recherche. La recherche est l’avenir de Rennes. Et de ce point de vue, l’Europe est l’avenir de la recherche et de la recherche rennaise. L’ouverture internationale est un levier pour l’excellence des Universités rennaises. Nous avons, malgré les efforts qui sont réalisés, encore un retard à rattraper.

Toutes les initiatives qui visent à combler ce retard sont les bienvenues, et certaines d’entre elles doivent s’adresser aux étudiants dés le début de leurs études universitaires. La ville a un rôle à jouer pour encourager la pratique des langues étrangères (sur lesquelles la France continue d’être en retard) ou pour accompagner les étudiants dans les démarches qui les conduiront à l’étranger. Il faut leur permettre à tous de devenir bilingues : c’est une condition essentielle pour qu’une « université rennaise européenne » devienne une réalité concrète.

Un point de l’ordre du Jour du Conseil d’agglo jeudi prochain ?

 Un premier point tout d’abord sur la situation économique. Il est temps que Rennes Métropole se saisisse de ce débat et que l’on passe d’un constat partagé à une action partagée.

Le second point concerne l’impôt Métropole (« impôt ménages ») dont nous aurons à débattre de la poursuite. A l’époque, nous avions dit que l’impôt ne se justifiait pas au regard de la situation de l’agglo : faiblement endettée, elle aurait du préférer recourir à l’emprunt alors que la faiblesse des taux d’intérêt le rendait avantageux et en tous cas préférable à l’impôt. Notre analyse demeure, en dépit des évolutions qui sont intervenues (notamment sur la question des taux) : nous refusons, dans un contexte où le pouvoir d’achat est contraint, que la Métropole continue de se constituer une « cagnotte » sur le dos des ménages, dés lors qu’elle est en capacité de lui substituer le recours à l’emprunt.


« Convergences culturelles » et accueil des étrangers : ouvrir d’autres horizons !

Réflexion, Sur le vif 4 novembre 2008

Il faut le dire sans détour : la nomination de Mme Kruger apparaît plutôt comme un signe d’ouverture.

Qui est Mme Kruger ? C’est, depuis le mois de mars l’élue en charge de « la diversité culturelle » au conseil municipal de Rennes. Elle est allemande, elle est jeune et elle tire de son expérience « binationale » une vérité bonne à entendre qu’elle nous livre dans le « Rennais » de ce mois ci: « je parle deux langues qui ne « pensent » pas les idées de la même façon. Du coup, je ne focalise pas sur une seule manière de comprendre les choses. Sur un même sujet, on peut avoir plusieurs angles de vues. Cela ouvre d’autres horizons. »

Pour l’instant, l’horizon dont nous parle Mme Kruger, c’est le festival « Convergences culturelles«  qui se tient dans les quartiers de Rennes du 12 au 17 novembre prochain. Au programme, des concerts, films, théatres, débats, centrés sur le Maghreb, thème qui a été retenu cette année.

L’initiative est intéressante, elle correspond à une réalité : celle de l’origine géographique méditerranéenne de la majorité des étrangers à Rennes. Mais l’horizon doit s’élargir. Il est de l’intérêt des Rennais comme des étrangers originaires du Maghreb que ces derniers soient considérés comme les autres étrangers, qu’ils viennent des autres pays européens ou d’ailleurs.

C’est une question d’état d’esprit. Il n’y a pas d’un côté les « étrangers Erasmus » et de l’autre les « étrangers RMI ». Il serait intéressant qu’une prochaine édition de « Convergences culturelles » associe les étudiants étrangers, quelle que soit leur nationalité, à ce festival. Il y a d’ailleurs un bon nombre d’étudiants et d’enseignants-chercheurs de grand talent, originaires du Maghreb, qui aimeraient voir reconnue leur participation à la diversité culturelle rennaise dans sa dimension universitaire. 

Ce d’autant plus qu’il reste des efforts à faire pour accroître et rendre plus visible l’ouverture internationale étudiante de Rennes.

Une récente étude de l’AUDIAR rappelait que « l’ouverture internationale de l’enseignement supérieur breton (dont la majorité est à Rennes) demeure encore trop faible comparée aux autres régions françaises. Elle affiche la plus faible part d’étudiants étrangers en France ».

Associer les étudiants étrangers à un festival culturel ne suffirait pas à soi seul, à inverser la tendance constatée. Mais l’initiative constituerait un indice du prix que la Ville attache effectivement  à l’ouverture internationale. En cette matière comme en d’autres, il y a assurément à Rennes encore beaucoup de nouveaux horizons à explorer.


L’édito politique de la semaine

Réflexion, Sur le vif 25 octobre 2008

Ce samedi 25 octobre, Bruno Chavanat apporte son éclairage sur quelques événements qui font l’actualité rennaise :

- Manifestation « ma santé est publique », « nozambules », interventions municipales en matière de santé publique à Rennes…

- »Semaine bleue », place des aînés dans la Ville, cohabitation des générations…

- 59è Session Internationale du Parlement européen des Jeunes: Rennes et l’Europe.

Edito Bruno Chavanat – 25 Octobre 2008
envoyé par RennesCapitale


L’Europe! L’Europe! L’Europe!

Coup de coeur, Sur le vif 24 octobre 2008

Un événement dont on reparlera ici au cours de la semaine prochaine : c’est aujourd’hui qu’arrivent les 300 jeunes (de 32 pays) du Parlement européen des jeunes qui tient pendant 10 jours sa 59è Session internationale à Rennes. Le Parlement européen des Jeunes est issu d’une association née à Fontainebleau il y a une vingtaine d’année. Reprise et développée aujourd’hui dans toute l’Europe, elle a pour objet d’impliquer des jeunes 15 à 25 ans dans la construction européenne en les invitant à prendre part au débat public sur ces matières. Plus largement, elle contribue à sensibiliser les jeunes européens à l’importance de l’Union, et à les rapprocher de ses institutions. Au-delà, elle les forme à l’expression d’une citoyenneté active et aux enjeux des échanges culturels. Elle organise pour cela des « sessions parlementaires » à différents échelons (régional, national, international). Les textes (résolutions) qui en sont issus sont ensuite transmis aux autorités nationales et européennes. La session de Rennes les verra réfléchir et débattre sur le thème de la citoyenneté européenne et les façons de la faire vivre concrètement au quotidien.

La démarche et la méthode de cette initiative sont tout à fait remarquables.

Une « leçon de choses » qui nous rappelle que le projet européen, jamais achevé, se construit par le fait et l’expérience autant que par le droit.

Elle nous rappelle que la réalité vécue intimement par ces jeunes au cours de ces quelques jours (habitudes de travail, rapports humains, formation à la négociation) en fera et effet les meilleurs ambassadeurs de la cause européenne.

Que l’Europe, au-delà des politiques communes sectorielles, au-delà des procédures et des textes qui la fondent, est bien faite pour et par les peuples et non contre ou malgré eux.

Que si l’Europe communique mieux (de nombreuses brochures par exemple, en téléchargement ici ), que si les initiatives se multiplient, il reste encore beaucoup à faire pour informer, combattre les idées reçues, et conjurer l’impression d’éloignement. Le «déficit démocratique» imputé (à tort) à L’Europe est certainement autant le fait d’une certaine complexité quant à son fonctionnement qu’aux responsabilités qui incombent aux autorités nationales et locales dans la manière dont elles présentent et défendent les enjeux européens.

Une Mairie peut d’ailleurs très bien concevoir une Vision, une stratégie, un plan d’actions pour témoigner de son engagement européen. Concernant Rennes, nulle trace, sur le site internet, de la présence de l’Europe dans la Ville si ce n’est de vagues allusions dans la rubrique « International ». L’Europe qui fait à ce point partie de nos horizons et de notre quotidien relève-t-elle encore du reste de « l’International »?

Le choix de Rennes pour accueillir cette manifestation n’est pas anodin : il rappelle l’ancrage européen de la Bretagne en général et de la Ville en particulier. Ici sans doute plus qu’ailleurs, on sait ce que l’on doit à l’Europe. Il y a là un contexte qui mériterait certainement d’être stimulé davantage par des initiatives municipales appropriées.