Ouest-France. L’ordre du jour ne laissait pas apparaître beaucoup de sujets majeurs, hier soir. L’opposition a toutefois nourri le débat. Ah, ces derniers conseils municipaux avant l’été ! Souvent une longue liste de décisions purement formelles qu’il faut prendre avant la longue pause estivale. Heureusement, l’opposition est là pour souffler sur les braises du débat démocratique.

Hier soir, c’est surtout le groupe « Union pour Rennes capitale » de l’UMP Bruno Chavanat qui a joué ce rôle. L’un des sujets lancés est celui de l’avenir du Couvent des Jacobins. C’était déjà un thème de la campagne des municipales, cela restera un dossier récurrent de la vie politique rennaise. Bruno Chavanat évoque déjà « un projet ballotté et un calendrier dingo » pour lequel on parle de « réalisation avant même de savoir ce qu’on veut faire et avec quelle enveloppe ».

En fait, l’élu regrette l’absence de débat au conseil municipal alors qu’un premier appel d’offres sur l’assistance à la maîtrise d’ouvrage a été lancé et que le maire en a parlé devant les maires de l’agglomération.

« Il est évident que cette question intéresse tous les Rennais et que les problèmes sont très nombreux : tenue du chantier, passage des camions, futures places de parking… » Bruno Chavanat, dont le coeur penche pour un Couvent à vocation clairement culturelle, juge également qu’il n’y a pas d’analyse financière solide du projet. « On nous parle de 65 millions d’euros mais ça risque d’être le double. »

Des critiques qui n’émeuvent pas beaucoup un maire qui trouve que ce dossier suit « un cours normal. Ce dossier stratégique important, lié au rayonnement universitaire et scientifique nécessite des procédures complexes avec de multiples décisions. Il faut bien avancer. »

Quelle concertation sur le métro ?

Daniel Delaveau rappelle aussi qu’il a clairement évoqué ce projet pendant la campagne et que les études sont « en parfaite cohérence avec les objectifs affichés par nos prédécesseurs. Le changement de lieu (l’abandon du Palais Saint-Georges pour le Couvent des Jacobins) n’y change rien. L’engagement d’une procédure, ce n’est pas son aboutissement. »

L’autre débat de fond vient sur le métro, encore à l’initiative de Bruno Chavanat à l’occasion d’une délibération sur le lancement de la concertation autour de la deuxième ligne. Pour l’élu UMP, le compte n’y est pas. La concertation devrait aussi concerner le financement, les problèmes de stationnement aux alentours des stations, le phasage dans le temps des travaux et l’étude de plusieurs hypothèses de tracé sur le quartier des Longs Champs.

À l’évidence, ces questions énervent l’adjoint au maire, Éric Berroche. « Vous faites toujours le même coup. Vous jetez de la confusion sur ce dossier. Vous et vos amis avaient été farouchement contre le métro. Je pensais que vous étiez passés dans le camp des « pour ». Je ne sais plus pour quoi vous êtes ? »

Daniel Delaveau n’est pas plus tendre. Il reconnaît volontiers qu’il y a encore des interrogations, par exemple sur les décisions dépendantes de l’État, mais il affirme qu’il y aura « une vraie, belle et grande concertation » où « toutes les données seront sur la table ».

Bruno Chavanat et ses amis politiques devront donc attendre cette concertation pour avoir des réponses à leurs questions. En attendant, ils votent contre. On en parlera encore sûrement après l’été.

Gilles KERDREUX / Ouest France