Q : On vous a beaucoup entendu critiquer les hausses d’impôt. Pourquoi cette année particulièrement ?
Parce qu’elles sont injustes et injustifiées. Le plus choquant de notre point de vue est que Rennes Métropole augmente de 53% sa part de taxe foncière et de taxe d’habitation alors que ses autres ressources augmentent par ailleurs sensiblement et que la collectivité ne s’impose pas à elle-même les efforts qu’elle demande aux Rennais. Cette année, les frais de fonctionnement auront augmenté de 16%. En période de crise, quelle famille peut en dire autant ? Mais sur ce sujet, le maire est imperméable à toute discussion. Le discours est toujours le même : « vous êtes contre l’impôt, vous êtes des citoyens suspects ».
Q : Dans un autre domaine, la sécurité, on assiste à un changement de discours de la municipalité …
Un changement de discours, vous avez raison. Et même parfois un changement à 180 ° comme sur la vidéoprotection, que nous avons recommandé depuis longtemps dans quelques points sensibles où on sait bien que se concentrent les agressions et les trafics. Même chose pour l’alcool : hier c’était « on ne touche pas à la liberté des jeunes ! ». Aujourd’hui, le discours change un peu. On commence à s’apercevoir que la liberté de s’autodétruire, c’est quand même pas terrible. Mais on ne passe toujours pas du discours aux actes. Il y a un vrai problème de cohérence. Le maire prend des arrêtés contre l’alcool sur la voie publique mais ne veut pas les faire appliquer. Il reconnaît qu’on ne peut pas vivre tranquillement dans certains quartiers mais il laisse les habitants seuls avec leurs difficultés.
Q : Au-delà de ces points de désaccords, y a-t-il des points d’accord entre la majorité municipale et l’opposition ?
Bien sûr. Car nous ne sommes pas là pour critiquer tout ce qui se fait. Notre rôle est d’être vigilants mais constructifs. C’est le cas en matière de développement durable, dans l’esprit du « Grenelle de l’environnement ». Dans ce domaine, où les enjeux sont très clairs et dominent les clivages politiques, nous sommes en accord avec les objectifs de la municipalité. Mais nous voudrions plus d’action concrète. Par exemple pour les économies d’énergie : avec 66% de logements insuffisamment isolés à Rennes (notamment dans le parc HLM), il y a un chantier urgent pour réduire à la fois les factures de chauffage et l’émission de gaz à effet de serre. Ou encore pour un usage plus facile du vélo en ville : un sujet sur lequel notre pratique quotidienne nous donne des idées !
Q : Après 20 mois de présence au conseil municipal, l’opposition a-t-elle trouvé son rythme de croisière ?
Notre engagement ressemble à tout sauf à une croisière ! D’abord parce que nous sommes sollicités en permanence par des Rennais qui souhaitent entendre une autre voix sur les questions qui les concernent. Pour y répondre, nous avons mis en place un réseau d’écoute et de débat : les « relais de quartier ». Il y en a cinq aujourd’hui et un nouveau se crée chaque mois. Ensuite, nous avons à porter le débat au conseil municipal et sur la place publique. C’est un combat permanent. Parce que l’équipe en place n’accepte pas la contradiction et a une faible culture du débat. Cà ne la grandit pas et c’est dommage pour Rennes, car il est toujours utile de se remettre en cause.






















