Les arguments de la mairie pour justifier sa politique du personnel sont hypocrites et choquants

Sur le vif, Tribune Libre 20 mai 2011

Rappelons d’abord les faits.

La ville de Rennes emploie un grand nombre de personnels précaires : en 2009, les vacataires  représentaient 12,8% des effectifs totaux (711 emplois). Ces personnels, le plus souvent des femmes, ont des petits salaires et ne bénéficient pas des avantages réservés aux personnels titulaires (par exemple la prime annuelle versée en janvier).

Or que prétend la ville pour tenter d’étouffer l’expression de ces agents que la mairie s’empresse au passage de qualifier de « très, très minoritaires »?

-          « Des efforts de résorption sont prévus » : Mais avec 40 postes d’ici 2014, c’est à peine plus de 5% des postes qui sont concernés!

-          « C’est la faute de l’Etat qui n’augmente pas la valeur du point ».  L’argument facile et sans cesse ressassé est en l’occurrence faux. Car si la ville ne fixe pas la valeur de l’indice, elle peut toujours jouer sur les primes. La vérité c’est que le discours social de la mairie est une façade.

-          « Augmenter le salaire des vacataires se répercuterait sur les impôts » : Faux. La mairie a évidemment le choix de ne pas augmenter les impôts. Elle pourrait par exemple renoncer aux centaines de milliers d’euros qu’elle consacre à de couteuses et inutiles opérations de communication (caravanes de quartiers, campagne de pub pour le lancement récent du nouveau journal municipal). Elle aurait dû par ailleurs tirer profit de la mutualisation des services avec Rennes Métropole. Elle ne l’a pas fait.

La mairie devrait commencer par assumer ses choix. Des choix dont les Rennais subissent aujourd’hui les conséquences, en particulier les parents d’élèves des écoles, obligés de prendre des RTT ou de se débrouiller eux-mêmes pour faire déjeuner leurs enfants. 

 

Bruno CHAVANAT


Elections cantonales : près de 64% d’abstention à Rennes.

Réflexion, Sur le vif 16 avril 2011

63, 73% : c’est le chiffre exact de l’abstention au 1er tour des élections cantonales du mois de mars. Traduction : près de deux Rennais sur trois ont estimé qu’ils n’étaient pas concernés ou que le déplacement au bureau de vote ne valait pas la peine.

La désaffection est telle qu’elle résulte nécessairement de plusieurs causes. Mais elle a en tout cas un effet certain. Les conseillers généraux nouvellement désignés à Rennes totalisent 10 000 voix de moins que leurs prédécesseurs élus en 2004. Aucun d’entre eux ne bénéficie de  la confiance de plus d’un électeur sur quatre. Comment leur représentativité, leur capacité d’agir et même la légitimité de l’institution qu’ils incarnent n’en souffriraient elles pas ?

Dans ce contexte, les lamentations d’usage des soirs d’élection ne sont pas d’un grand secours.

Ce qui compte désormais, ce sont les moyens concrets que l’on peut mettre en œuvre pour redonner du souffle à une démocratie qui en manque.

« Trois types de réponses sont à portée de main. Il ne faut en négliger aucune. »

La réponse la plus élémentaire est la mise à jour des listes électorales. Pour que les habitants soient également électeurs et que les électeurs soient –sauf exception- inscrits là où ils résident. On pourrait imaginer que cela va de soi. Eh bien non ! Une simple comparaison entre les listes électorales et les adresses postales conduit à constater qu’une fois sur cinq, ça n’est pas le cas. C’est une responsabilité du maire que de mener ce travail à bien. Le moins que l’on puisse dire c’est qu’il y a, à Rennes, du pain sur la planche.  

Vient ensuite la question institutionnelle. Les responsabilités du Conseil général sont elles clairement identifiées ? Le mode de scrutin actuel est-il adapté ? Ceux qui ont mené campagne et ceux qui observent les résultats peuvent répondre d’une même voix : c’est non ! Comment savoir si le Département intervient pour la culture ou le sport quand cinq autres niveaux d’administration (commune, métropole, région, Etat, Europe) ont le même champ d’intervention ? Comment me rappeler que je vote, si mon voisin d’en face, le même jour, n’est pas concerné par l’élection ? Face à cet embrouillamini, la réforme des collectivités territoriales votée à l’automne à l’initiative du Gouvernement apporte une réponse : en 2014, les conseillers territoriaux seront élus en même temps sur tout le territoire et il sera mis fin au chevauchement de compétences entre Département et Région.

Cependant, à quoi bon l’actualisation des listes électorales et le chantier institutionnel si l’élection demeure un moment purement formel qui n’engage les élus que le temps d’une campagne ? Si, passé le temps de l’élection, l’électeur-citoyen est à nouveau considéré comme un administré anonyme dont l’avis compte si peu, comme on a pu le voir l’an passé à propos de la vie en Centre ville, de la prairie des Matélouères, de l’école Kennedy, de l’usine de Villejean, de la bibliothèque Saint-Martin et de bien d’autres sujets encore… A Rennes, le taux d’abstention a été de 6 points supérieur à la moyenne départementale : n’est-ce pas l’indice qu’il faut changer les pratiques et s’interroger sur le « modèle rennais » ?

Un « modèle rennais » qui se paie à grands frais des « Caravanes de quartier » (150 000 euros l’an dernier), qui contrôle les médias (TV Rennes, Rennais, Info Métropole), multiplie les campagnes promotionnelles, s’achète une revue pour illustrer ses politiques (« Place publique » 180 000 l’an dernier), invite le forum Libération (NNN 000 euros), s’invente une « Cité des idées » dont personne n’a bien saisi ce en quoi elle consiste… et finalement s’accommode de la plus basse participation des villes de l’ouest aux élections… N’y aurait il pas, au royaume du PS local, quelque chose de bancal ?

Bruno CHAVANAT


Bruno CHAVANAT : « La municipalité n’accepte pas la contradiction et a une faible culture du débat. C’est dommage pour Rennes »

Réflexion, Sur le vif 26 octobre 2009

photo-aditoQ : On vous a beaucoup entendu critiquer les hausses d’impôt. Pourquoi cette année particulièrement ?

Parce qu’elles sont injustes et injustifiées. Le plus choquant de notre point de vue est que Rennes Métropole augmente de 53% sa part de taxe foncière et de taxe d’habitation alors que ses autres ressources augmentent par ailleurs sensiblement et que la collectivité ne s’impose pas à elle-même les efforts qu’elle demande aux Rennais. Cette année, les frais de fonctionnement auront augmenté de 16%. En période de crise, quelle famille peut en dire autant ? Mais sur ce sujet, le maire est imperméable à toute discussion. Le discours est toujours le même : « vous êtes contre l’impôt, vous êtes des citoyens suspects ».

Q : Dans un autre domaine, la sécurité, on assiste à un changement de discours de la municipalité …

Un changement de discours, vous avez raison. Et même parfois un changement à 180 ° comme sur la vidéoprotection, que nous avons recommandé depuis longtemps dans quelques points sensibles où on sait bien que se concentrent les agressions et les trafics. Même chose pour l’alcool : hier c’était « on ne touche pas à la liberté des jeunes ! ». Aujourd’hui, le discours change un peu. On commence à s’apercevoir que la liberté de s’autodétruire, c’est quand même pas terrible. Mais on ne passe toujours pas du discours aux actes. Il y a un vrai problème de cohérence. Le maire prend des arrêtés contre l’alcool sur la voie publique mais ne veut pas les faire appliquer. Il reconnaît qu’on ne peut pas vivre tranquillement dans certains quartiers mais il laisse les habitants seuls avec leurs difficultés.

Q : Au-delà de ces points de désaccords, y a-t-il des points d’accord entre la majorité municipale et l’opposition ?

Bien sûr. Car nous ne sommes pas là pour critiquer tout ce qui se fait. Notre rôle est d’être vigilants mais constructifs. C’est le cas en matière de développement durable, dans l’esprit du « Grenelle de l’environnement ». Dans ce domaine, où les enjeux sont très clairs et dominent les clivages politiques, nous sommes en accord avec les objectifs de la municipalité. Mais nous voudrions plus d’action concrète. Par exemple pour les économies d’énergie : avec 66% de logements insuffisamment isolés à Rennes (notamment dans le parc HLM), il y a un chantier urgent pour réduire à la fois les factures de chauffage et l’émission de gaz à effet de serre. Ou encore pour un usage plus facile du vélo en ville : un sujet sur lequel notre pratique quotidienne nous donne des idées !

Q : Après 20 mois de présence au conseil municipal, l’opposition a-t-elle trouvé son rythme de croisière ?

Notre engagement ressemble à tout sauf à une croisière ! D’abord parce que nous sommes sollicités en permanence par des Rennais qui souhaitent entendre une autre voix sur les questions qui les concernent. Pour y répondre, nous avons mis en place un réseau d’écoute et de débat : les « relais de quartier ». Il y en a cinq aujourd’hui et un nouveau se crée chaque mois. Ensuite, nous avons à porter le débat au conseil municipal et sur la place publique. C’est un combat permanent. Parce que l’équipe en place n’accepte pas la contradiction et a une faible culture du débat. Cà ne la grandit pas et c’est dommage pour Rennes, car il est toujours utile de se remettre en cause.


Tourisme : un bilan très mitigé

Françoise L'HôtellierConseil Municipal du 7 septembre 2009

Intervention de Françoise L’HOTELLIER

 

Monsieur le maire,

Chers collègues,

 

Il nous parait important de faire chaque année après la saison touristique un bilan sur la fréquentation de Rennes. Car le tourisme est un axe de développement économique, important pour notre ville.

Malheureusement malgré les efforts accomplis ces dernières années, il nous semble qu’il y a encore beaucoup à faire pour que Rennes devienne une véritable destination touristique au cœur de l’été, entre le 15 juillet et le 15 août, au moment, précisément où la Bretagne, deuxième région touristique française, fait le plein. Beaucoup de villes de l’ouest, grâce aux animations qu’elles ont mis en place, se sont donné cet objectif. Pourquoi Rennes ne franchit elle pas ce cap ?

Nous sommes, certes, très heureux de constater que l’office de tourisme ait bénéficié cette année d’une augmentation de 25%des demandes de renseignements. Cela démontre notre potentiel touristique. Nous avons un patrimoine architectural digne d’une ville d’art et d’histoire dont nous devons être fiers.

Pour autant on constate que les touristes au mieux passent par Rennes mais ne restent pas dans la capitale bretonne et n’y séjournent pas, même pour de courts séjours.

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La mutualisation des services

photo-aditoIntervention de Bruno CHAVANAT

Conseil Municipal du 6 juillet 2009

Mutualisation des services ville et agglomération : A ce stade, aucun bénéfice utile pour la population : les doublons ne sont pas résorbés, la relation entre la population et les élus devient moins claire.

Rennes métropole est passé de 100 à 500 personnes sans aucune diminution d’effectifs à Rennes. La rationalisation des services est une nécessité

Les services de Rennes Métropole sont passés de 100 à 500 personnes en 4 ans en absorbant une partie des services de la ville de Rennes. Pour autant, il n’y a eu aucune retombée du côté de la ville en termes d’économie. Les effectifs de Rennes n’ont pas diminué. Les doublons n’ont pas été résorbés.

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Maurepas : un nouveau «Relais de quartier – Rennes Capitale »

Et de deux ! Samedi 16 mai dernier, Bruno CHAVANAT en compagnie de Bertrand PLOUVIER est allé à la rencontre des habitants du quartier de Maurepas. Ce fut l’occasion de présenter et d »installer le deuxième « Relais de quartier Rennes Capitale » après celui de Cleunay.

Ce samedi, c’est au centre commercial du Gast que se tient la rencontre. Plusieurs sujets sont abordés : arrivée du métro au Gast, urbanisme et également insécurité, rénovation du centre commercial du Gast. Un sujet sensible dans ce cœur de quartier en attente d’une rénovation qui ne vient pas. « Voilà bientôt 10 ans qu’on nous promet la rénovation de la place, qui le mériterait bien ! » se désole un commerçant. Les animateurs du Relais de quartier ont à cœur de se mettre à l’écoute : ils se retrouveront tous les mois, pour exprimer leurs propositions et rencontrer les acteurs du quartier. Vous pouvez les rejoindre. (Le Rennais, Expression des groupes politiques, juin 2009)


Résultats des élections européennes

Sur le vif, Tribune Libre 8 juin 2009

« Le résultats des élections européennes à Rennes, comme dans toute la Bretagne, traduit d’abord l’échec du parti socialiste.

Le mouvement d’opinion qui a sanctionné à l’échelle nationale un parti qui n’a pas su gérer ses divisions internes et n’a formulé aucune proposition claire sur l’Europe est évidemment l’une des causes de ce vote sanction.

Mais ça n’est pas la seule.

Au plan régional, choisir pour la Bretagne, une partisane du Non, c’était nier l’attachement des bretons à l’Europe.

Au plan local, la municipalité rennaise conduite par Daniel Delaveau, qui n’a pas démontré sa capacité à incarner une ambition nouvelle. n’offre aucun point de résistance. Son score s’effondre passant de plus de 46% au premier tour des municipales à moins de 20%. Ce résultat démontre que l’antisarkozysme systématique que l’on nous sert en toute occasion, y compris dans les débats municipaux, est un paravent qui ne protège pas l’équipe en place de ses propres faiblesses. Le résultat éloquent des Verts montre en revanche, que face à une équipe qui ne se renouvelle pas, il y a un besoin de respiration dans la ville.

Le score de l’UMP et des formations politiques unies dans la liste conduite par Christophe Béchu et où figurait la conseillère municipale du groupe Rennes Capitale Doris MADINGOU, est supérieur à celui du PS. Il doit encore progresser mais il nous donne désormais une  responsabilité toute particulière.

C’est à nous, principale formation d’opposition représentée au conseil municipal, qu’il appartient de répondre au besoin de respiration et de renouvellement qui s’est exprimé. Nous avons commencé d’y répondre. Nous allons amplifier notre action.

Nous le ferons en rassemblant ceux qui ont envie d’agir. Les résultats d’aujourd’hui leur montrent qu’ils ne sont pas seuls à vouloir réveiller la municipalité. Nous le ferons en faisant confiance  et en rassemblant les nouveaux talents de tous les horizons, qui ont une ambition pour Rennes. »

 Bruno CHAVANAT


Rennes appelée à devenir une « super » métropole ?

Dans les médias 26 février 2009

En 2014, Rennes pourrait devenir une métropole comme Lille, Nice, ou… Nantes. Qu’aurait-elle à y gagner ou y perdre ? Premières réactions

« C’est bon pour la réunification »

La Commission Balladur propose que les principales Communautés Urbaines et d’Agglomérations deviennent de nouvelles collectivités territoriales, dotées de pouvoirs étendus à ceux des Conseils Généraux. Rennes est concernée par cette proposition. Pour Bruno CHAVANAT, il s’agit de reconnaître d’ores et déjà l’importance de Rennes sur le territoire national, tout en consolidant une situation de fait. La vraie différence résidera dans le fait la Métropole exercera ses compétences avec une véritable légitimité issue du suffrage universel direct. Par ailleurs, Rennes et Nantes sont concernées, ce qui les met à égalité en vue d’une éventuelle réunification. (Journal Ouest France, 26 février 2009)