L’édito politique de la semaine : quelques heures avant le Conseil Municipal du 12 janvier 2009, Bruno Chavanat fait un point sur quelques éléments de l’actualité rennaise : la position que défendra le groupe au cours du débat d’orientations budgétaires de lundi soir, l’arrêt du grand prix cycliste de Rennes, et l’annonce faite par Daniel Delaveau au cours de ces vœux aux acteurs économiques d’un changement de tempo pour le Centre des Congrès.
La position du Groupe sur le Débat d’Orientations Budgétaires ?
C’est une bonne chose qu’on puisse parler de stratégie et nous participerons donc bien évidemment au Débat. Pour dire quoi ? Que nous soutiendrons tous les efforts qui seront faits en faveur d’un maintien d’un niveau d’investissement élevé. En temps de crise, l’investissement est plus que jamais nécessaire. Pour autant, nous nous opposons à la façon dont la majorité entend le financer. Recourir à l’impôt plutôt qu’à l’emprun,t et ce alors que les recettes sont déjà élevées et que l’agglo est très faiblement endettée, nous semble conduire à permettre à la collectivité de se constituer une cagnotte sur le dos des ménages pour financer des dépenses de long terme.
Le grand prix cycliste de Rennes était symbole voulu par Edmond Hervé en 1979. Rennes était la capitale de Bretagne, région du vélo. Rennes se voulait alors la ville du vélo. Chemin faisant, avec des difficultés que nous ne contestons pas, la ville s’apprête à mettre genoux à terre et renoncer à soutenir le Grand prix qui va donc s’arrêter. Un symbole qui s’effondre, c’est aussi la réalité à laquelle il s’adosse qui ne se porte pas bien. Quand le grand prix a été créé, le vélo représentait 11% des déplacements dans la ville. Ce pourcentage est aujourd’hui divisé par trois. Nous souhaiterions donc que les fonds qui étaient consacrés au Grand prix puissent continuer de l’être à une politique de développement aux déplacements en vélo dans la ville.
L’annonce d’un changement de rythme pour l’implantation du Centre des Congrès au Couvent des Jacobins ?
Le maire semble en effet avoir changé de tempo sur le couvent des Jacobins. Il nous annonçait tambour battant, l’avancée de ce projet et tout d’un coup on nous dit que « le temps ne compte pas », qu’il faut prendre du temps et s’arrêter un moment.Nous ne pensons pas qu’il faille prendre le moindre retard : nous avons le Rendez-vous de 2014 et de la fin des travaux de la LGV. Cet outil de rayonnement qu’est le Centre des Congrès doit être alors prêt dans les temps.
Pour autant, si une concertation est enfin proposée, nous souhaitons qu’elle soit conforme à celle que nous appelons de nos vœux et que l’on y consacre moins de temps à défendre un site dont on connaît tous les désavantages (Couvent des jacobins) qu’à le mettre en balance avec le site de la gare dont tous les éléments plaident pour qu’il soit étudié sérieusement. Sans cela, nous courons le risque d’avoir un site non seulement construit au mauvais endroit, mais qui en plus arrivera deux ans trop tard.
A l’occasion de ses vœux, Bruno Chavanat renouvelle ses préoccupations devant un début d’année difficile. Touché par l’inquiétude des familles rennaises, il réaffirme son soutien et sa solidarité à l’endroit de celles et ceux touchés par la crise et des difficultés. « Là où croit le péril, là croît aussi ce qui sauve » : le message du président du groupe « Rennes Capitale » porte aussi une invitation à envisager et construire ensemble l’avenir avec confiance.
Rien n’est jamais acquis ni écrit d’avance. Nombre de choix dépendent de nous même. Nous avons toute liberté d’inventer des solutions nouvelles. Celles-ci commencent par le fait de se poser les bonnes questions : celles qui nous invitent à sortir du modèle dans lequel on se croit enfermé. La (re)mise en cause, en débat et en question rentre précisément dans le rôle qu’entend assumer le Groupe Union Pour Rennes Capitale. Comme nous l’avons fait depuis l’élection du printemps dernier, nous continuerons de poser les questions et porter les propositions destinées à élargir les perspectives de notre avenir commun .
C’est l’objet du petit ouvrage que le groupe a écrit pour le partager avec les Rennais : Rennes, questions d’avenir: 10 questions-clés pour le mandat (présenté cette semaine à la presse et disponible en téléchargement sur le site très prochainement), qui ouvrent des chemins nouveaux en terme de développement de l’emploi, d’urbanisme, de cadre de vie… 10 questions, autant de réponses et d’objet de débats pour apporter et trouver en nous même les ressources pour surmonter l’avenir.
Un sujet du journal de Tv Rennes 35 du mardi 10 décembre, consacré aux débats intervenus la veille au Conseil Municipal à propos de la délibération portant sur la modification de la circulation des bus dans l’hyper centre.
Pour l’opposition (qui a voté contre) il s’agit dans la forme d’un dossier imprécis, sans réelle concertation. Sur le fond, le projet sur lequel le conseil s’est prononcé ne fait que déplacer le problème, en créant de nouvelles nuisances. Certains riverains constitués en association s’étaient mobilisés pour assister au conseil et faire valoir les arguments et solutions alternatives contenus dans une pétition qui a reçuà ce jour 400 signatures (TV Rennes 35, Infos 35 du 10 décembre 2008).
La sortie du rapport de Philippe Seguin, chargé d’une mission d’évaluation des stades français dans l’optique de l’EURO 2016, a permis à la majorité municipale par la voix de l’adjoint aux sports de dribler sur l’actualité.
En effet deux jours après la sortie de ce rapport, l’adjoint aux sports répondait aux questions d’un journaliste de Ouest France sur la possibilité pour Rennes d’accueillir des matches de l’Euro 2016.
Si la perspective d’accueillir certains matches lors de cet évènement sportif majeur pour le milieu footballistique et ses nombreux supporteurs nous réjoui, il nous semble important cependant de révéler aux Rennais le discours de façade sur la participation de Rennes à l’organisation de l’EURO 2016.
Au risque de paraître rabat joie et pessimiste aux yeux des Rennais qui se laissent abuser par les sirènes municipales, il nous apparaît important de rappeler quelques vérités sur la candidature de Rennes qui présente aujourd’hui peu d’atouts et ceci parce qu’à un moment décisif l’attaque rennaise a joué « petits bras ».
En effet le rapport Séguin préconise un lifting complet des stades français afin de les mettre au niveau de leurs homologues européens dans l’otique d’une éventuelle candidature de la France pour l’EURO 2016.
Une très intéressante nouvelle que l’on trouve depuis quelques minutes sur le site d’Ouest-France: pour « Haute Bretagne événements » (club de professionnels du tourisme d’affaires), le projet d’implantation du Centre des Congrès aux Jacobins est « sous-dimensionné » et « ne tient pas la route« . François Richou, conseiller général (PS) et Président du Comité Départemental du Tourisme (CDT) suggère quant à lui « d’envisager un projet à proximité de la Gare« .
A la lecture de la dépèche, plusieurs éléments de réflexion:
1) l’option « Jacobins » est comme nous le pressentions depuis longtemps, loin de faire l’unanimité auprès des professionnels.
2) Le « front » (ou la « fronde ») risque à nouveau de s’élargir avec la position que (p)rendra le CG 35, appelé à financer le projet à hauteur de 5 millions d’euros.
3) Le projet « site gare » que l’équipe « Rennes Capitale » défend depuis la campagne du printemps dernier relève d’une quasi-évidence au regard notamment de l’arrivée de la LGV en 2014. Un Centre d’affaires et de Congrès à l’architecture et à la jauge ambitieuse pour marquer l’entrée à Rennes, capitale de la Bretagne. Il doit à tout le moins faire partie du « champ des possibles » qui doit aujourd’hui être élargi et soumis au débat.
A l’appel des syndicats, un certain nombre d’enseignants s’étaient mis en grève ce jeudi 20 novembre. La ville de Rennes a mis en œuvre les prérogatives qui lui reviennent au titre de la loi sur le « service minimum d’accueil ».
L’occasion pour la majorité d’afficher contradictions et ambiguïtés: contradictions quant à sa position de principe au regard du « service minimum ». Ambiguïtés quant au fait de se prévaloir « de l’esprit républicain » pour se distancier et justifier l’application… des obligations qui lui incombent au titre de la Loi (dura lex, sed lex…).
En effet, un communiqué diffusé jeudi rappelait son « opposition » à « l’obligation faite aux communes de mettre en place le droit d’accueil dans les écoles » tout en « prenant acte de l’adoption de cette loi » et annonçant le dispositif déployé pour la circonstance. Le faible taux de présence des élèves le jeudi inspirait semble-t-il le lendemain un autre communiqué où « sans remettre en question l’intérêt d’un service minimum », la Ville de Rennes proposait un « partage des conditions d’organisation ».
L’occasion quoi qu’il en soit pour le Groupe URC de rappeler, dans un communiqué diffusé par Ouest-France, son soutien de principe au service minimum qui « sans remettre en cause le droit de grève » permet de soustraire les parents des difficultés matérielles qu’il peut poser dans ce cas précis. (Journal Ouest-France, jeudi 20 novembre 2008)
Curieux et inquiétant télescopage dans l’actualité de ce week-end à Rennes. Deux événements certes distincts mais qui semblent tous deux tirés de références cinématographiques ou de scènes dont on croyait que la Ville resterait préservée.
La première, une bataille rangée dans un bus du Centre Ville entre une « bande de jeunes » et des contrôleurs de la STAR. La seconde, un déchainement de violence gratuite sur un technicien du TNB qui regagnait son domicile du Centre Ville au petit matin. Le Rennais agressé n’a dû la vie sauve qu’à une patrouille de police qui passait par là…
Le sujet est sensible. Parce qu’une expression politique ne peut pas se réduire à la manifestation de l’élan compassionnel naturellement adressé en direction des victimes. Parce qu’une expression politique doit dépasser l’émotion légitime qui étreint spontanément chacun d’entre nous devant des événements de cette nature. Parce qu’une expression politique ne peut pas se limiter à les intérprêter sans les envisager dans aussi dans leur complexité ou leur contexte. Parce qu’une expression politique responsable, si elle doit éviter de confondre le sentiment d’insécurité et l’insécurité elle-même, ne peut pour autant s’exonérer de prendre en considération les réactions que l’évenement suscite. Parce qu’une expression politique doit y rattacher du sens (signification, direction…) et partant proposer des réponses politiques aux questions qu’il soulève.