Evénements du Centre Ville: pour des réponses politiques

Réflexion, Sur le vif 17 novembre 2008

Curieux et inquiétant télescopage dans l’actualité de ce week-end à Rennes. Deux événements certes distincts mais qui semblent tous deux tirés de références cinématographiques ou de scènes dont on croyait que la Ville resterait préservée.

La première, une bataille rangée dans un bus du Centre Ville entre une « bande de jeunes »  et des contrôleurs de la STAR. La seconde, un déchainement de violence gratuite sur un technicien du TNB qui regagnait son domicile du Centre Ville au petit matin. Le Rennais agressé n’a dû la vie sauve qu’à une patrouille de police qui passait par là…

Le sujet est sensible. Parce qu’une expression politique ne peut pas se réduire à la manifestation de l’élan compassionnel naturellement  adressé en direction des victimes. Parce qu’une expression politique doit dépasser l’émotion légitime qui étreint spontanément chacun d’entre nous devant des événements de cette nature. Parce qu’une expression politique ne peut pas se limiter à les intérprêter sans les envisager dans aussi dans leur complexité ou leur contexte.  Parce qu’une expression politique responsable, si elle doit éviter de confondre le sentiment d’insécurité et l’insécurité elle-même, ne peut pour autant s’exonérer de prendre en considération les réactions que l’évenement suscite. Parce qu’une expression politique doit y rattacher du sens (signification, direction…) et partant proposer des réponses politiques aux questions qu’il soulève.

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L’édito politique de la semaine

Réflexion, Sur le vif 25 octobre 2008

Ce samedi 25 octobre, Bruno Chavanat apporte son éclairage sur quelques événements qui font l’actualité rennaise :

- Manifestation « ma santé est publique », « nozambules », interventions municipales en matière de santé publique à Rennes…

- »Semaine bleue », place des aînés dans la Ville, cohabitation des générations…

- 59è Session Internationale du Parlement européen des Jeunes: Rennes et l’Europe.

Edito Bruno Chavanat – 25 Octobre 2008
envoyé par RennesCapitale


L’Europe! L’Europe! L’Europe!

Coup de coeur, Sur le vif 24 octobre 2008

Un événement dont on reparlera ici au cours de la semaine prochaine : c’est aujourd’hui qu’arrivent les 300 jeunes (de 32 pays) du Parlement européen des jeunes qui tient pendant 10 jours sa 59è Session internationale à Rennes. Le Parlement européen des Jeunes est issu d’une association née à Fontainebleau il y a une vingtaine d’année. Reprise et développée aujourd’hui dans toute l’Europe, elle a pour objet d’impliquer des jeunes 15 à 25 ans dans la construction européenne en les invitant à prendre part au débat public sur ces matières. Plus largement, elle contribue à sensibiliser les jeunes européens à l’importance de l’Union, et à les rapprocher de ses institutions. Au-delà, elle les forme à l’expression d’une citoyenneté active et aux enjeux des échanges culturels. Elle organise pour cela des « sessions parlementaires » à différents échelons (régional, national, international). Les textes (résolutions) qui en sont issus sont ensuite transmis aux autorités nationales et européennes. La session de Rennes les verra réfléchir et débattre sur le thème de la citoyenneté européenne et les façons de la faire vivre concrètement au quotidien.

La démarche et la méthode de cette initiative sont tout à fait remarquables.

Une « leçon de choses » qui nous rappelle que le projet européen, jamais achevé, se construit par le fait et l’expérience autant que par le droit.

Elle nous rappelle que la réalité vécue intimement par ces jeunes au cours de ces quelques jours (habitudes de travail, rapports humains, formation à la négociation) en fera et effet les meilleurs ambassadeurs de la cause européenne.

Que l’Europe, au-delà des politiques communes sectorielles, au-delà des procédures et des textes qui la fondent, est bien faite pour et par les peuples et non contre ou malgré eux.

Que si l’Europe communique mieux (de nombreuses brochures par exemple, en téléchargement ici ), que si les initiatives se multiplient, il reste encore beaucoup à faire pour informer, combattre les idées reçues, et conjurer l’impression d’éloignement. Le «déficit démocratique» imputé (à tort) à L’Europe est certainement autant le fait d’une certaine complexité quant à son fonctionnement qu’aux responsabilités qui incombent aux autorités nationales et locales dans la manière dont elles présentent et défendent les enjeux européens.

Une Mairie peut d’ailleurs très bien concevoir une Vision, une stratégie, un plan d’actions pour témoigner de son engagement européen. Concernant Rennes, nulle trace, sur le site internet, de la présence de l’Europe dans la Ville si ce n’est de vagues allusions dans la rubrique « International ». L’Europe qui fait à ce point partie de nos horizons et de notre quotidien relève-t-elle encore du reste de « l’International »?

Le choix de Rennes pour accueillir cette manifestation n’est pas anodin : il rappelle l’ancrage européen de la Bretagne en général et de la Ville en particulier. Ici sans doute plus qu’ailleurs, on sait ce que l’on doit à l’Europe. Il y a là un contexte qui mériterait certainement d’être stimulé davantage par des initiatives municipales appropriées.


Un « plan B » pour le Centre des Congrès!

Réflexion, Sur le vif 23 octobre 2008

Quelques uns d’entre nous avons assisté lundi soir à la rencontre organisée notamment par l’Association « si on se parlait » autour du choix annoncé par la majorité municipale d’installer le centre des Congrès au Couvent des Jacobins. Contestable par sa méthode même (Daniel Delaveau l’a annoncé au cours de la campagne du printemps dernier sans débat ni concertation préalable), les arguments contre le choix des Jacobins sont désormais connus et reconnus (Cf notre dossier): une jauge limitée sans capacité d’extension possible, difficultés d’accès au site, coûts affichés et délais irréalistes… Un certain nombre de propositions alternatives ont même été largement développées ici et ailleurs : à proximité de la Gare sur une dalle ad hoc, à la place de la Prison des femmes, sur le site d’ST Micro dans le Blosne. Quant aux Jacobins, l’idéal serait de lui reconnaître sa vocation culturelle et d’un faire surtout un lieu destiné à tous les Rennais.

A entendre la manière dont le projet est défendu, on sent qu’il y a comme là « quelque chose qui cloche ». Sylvie Robert (elle-même peut-être peu convaincue ?), Vice Présidente de Rennes Métropole déléguée à la culture, lundi soir sur France 3 peine d’ailleurs à convaincre de la pertinence du choix. Elle se retranche derrière l’étude qui l’a accompagné (dont on ne sait pas bien si elle l’a déterminé ou si elle est venue en SAV du projet auquel on avait de toute façon décidé d’aboutir) et défend «l’opportunité de pouvoir donner une vocation au Couvent» (ouf !). Le raisonnement est un peu court et confirme en tous les cas la portée de notre diagnostic :

compte tenu de ses enjeux, on ne choisit pas l’emplacement d’un Centre des Congrès parce qu’on manque d’imagination, parce qu’on joue la montre, ou parce que l’on escompte des économies

(faire d’une pierre deux coups en dotant la ville d’un équipement dont l’absence est dénoncée depuis longtemps, tout en rénovant un site lui aussi en souffrance depuis de nombreuses années via le recours à quelques subventions publiques -Etat, Région, Europe-). Compte tenu des contraintes de la rénovation, on peut d’ores et déjà parier que les coûts affichés (65 millions d’euros) seront très largement dépassés.

Si l’on peut comprendre, en lisant entre les lignes, les raisonnements qui motivent le choix de la majorité, on a du mal à admettre qu’elle reste plus longtemps insensible aux arguments qui lui sont présentés et qu’elle continue de rester sourde à l’invitation à débattre avec les Rennais des enjeux d’un projet qui les concerne et les intéresse directement.


Huit semaines sans voitures

Idées neuves, Place du marché 21 octobre 2008

A Nantes, une expérience originale a conduit 4 personnes à se passer, deux mois durant de leur voiture. C’est l’expérience Zenius. Elle présente un double intérêt. D’abord montrer que c’est possible.

En alliant location de voiture, transport en commun et transport en mode doux, les participants ont réussi grosso modo à se passer de leur voiture et même, pour certains, ont renoncé à en posséder une de manière permanente.

Deuxième intérêt, pointer les points de blocage. Il y a des situations dans lesquelles, qu’on le veuille ou non la voiture reste le seul mode de transport possible, parce que les autres ne sont pas assez développés ou sont inadaptés aux exigences professionnelles ou familiales.

Pourquoi ne pas tenter une expérience similaire à Rennes, en faisant notamment participer à l’expérience des habitants des communes de la métropole ?

On s’apercevrait vite que, malgré le discours sur le développement des transports en commun, il n’y a pas aujourd’hui, lorsqu’on habite dans une commune voisine de Rennes, de véritable possibilité de se priver de sa voiture. Rien de tel qu’une expérience très concrète pour mesurer les progrès à réaliser!


Soirée de lancement du site internet et de l’Association « Projets pour Rennes Capitale »

Sur le vif 20 octobre 2008

Plus d’une centaine de personnes s’étaient réunies à la Maison de Quartier du Grand Cordel ce vendredi 17 octobre pour la présentation du site et le lancement de l’association « Projets pour Rennes Capitale ». (Voir OF du 20/10/08)

Une participation nombreuse donc, autour des valeurs et idées issues de la campagne du printemps dernier mais également autour des projets et perspectives dessinés par les nouveaux « outils » destinés à en prolonger l’esprit : le site internet d’une part, l’Association « Projets pour Rennes capitale » d’autre part.

Bruno CHAVANAT a présenté le rôle et le fonctionnement de ces outils de forme et de fond. Le premier a vocation à structurer le travail et la communication du Groupe URC au Conseil Municipal et sa contribution au débat public. Le second quant à lui est un espace d’échanges, de réflexions et de contributions à un projet d’alternance.

Jérôme NORMANDIERE, pour le Groupe URC a présenté les différentes rubriques du site articulées autour de l’idée d’une « ballade dans la ville ». Antoine CRESSARD, Président de l’Association Projets pour Rennes Capitale a quant a lui défini les objectifs et le fonctionnement de l’association: boîte à idées et contributions de fond sur les grands enjeux Rennais. Les commissions mises en place commenceront à fonctionner dés la dernière semaine d’octobre.

Une première soirée réussie qui annonce le succès de celles, à venir qui viendront ponctuer tout au long de l’année les grands moments du groupe, du site et de l’association et que vous serez toutes et tous invités à partager.


La nouvelle municipalité a raté sa rentrée

Dans les médias 20 octobre 2008

Quelles ambitions du nouveau maire pour sa ville ? Pour Bruno CHAVANAT, leader de l’opposition rennaise, « ce n’est pas clair ». Il le dit : « la nouvelle municipalité a raté sa rentrée ». Entretien. (Samedi 18 octobre 2008, Journal Ouest-France).


Hausse des impôts locaux et choix politiques

Réflexion, Sur le vif 20 octobre 2008

Lu sur le site des Echos ce matin, Bertrand Delanoë annonce une augmentation de 9% du taux des impôts locaux ainsi que la création d’une taxe départementale. Alors que tous les Rennais ont désormais reçu leur avis d’imposition, il paraît évident qu’un grand mouvement de hausse de la fiscalité locale se dessine. Préparons nous alors à une querelle de chiffres et d’argumentaires plus ou moins convenus : on invoquera d’un côté les transferts de charge, l’évolution à la baisse des dotations d’Etat, les incertitudes relatives à la réforme de la taxe professionnelle… De l’autre, chiffres à l’appui, on s’emploiera à démontrer que les transferts de compétences sont compensés, que les augmentations d’impôts correspondent à des choix de gestion et que le maquis de la fiscalité locale sert parfois d’argument commode à certains élus pour éviter d’avoir à rendre des comptes sur ce qui relève effectivement de choix politiques.

Ce « marronnier » ne doit pas justement être l’arbre qui cache la forêt des réalités. La vérité se situe comme souvent à mi-chemin : personne ne peut contester que les collectivités locales se voient demander aujourd’hui d’accompagner l’effort de l’Etat qui connaît une situation budgétaire contrainte. Mais le contexte commande d’intégrer la donne, d’utiliser les marges de manœuvres existantes et rationnaliser les choix plutôt que de recourir à une fuite en avant vers l’impôt. C’est aussi sous cet angle que par exemple, l’aménagement du couvent des Jacobins en Centre des Congrès (dont il est évident que le chiffre envisagé de 65 millions d’euros serait très largement dépassé) ou la préférence au Métro pour la seconde ligne de transport en site propre (qui implique au bas mot une augmentation de 40% de la fiscalité) doivent être débattus et revus en comparaison de solutions plus performantes et plus économes de l’argent public.